"Il arrive que le téléspectateur profite d'une pause publicitaire pour aller au petit coin. Cette pratique est tout à fait tolérable, dans la mesure où on n'en abuse pas, mais lorsqu'on évite systématiquement les pubs, ça devient inacceptable! De zapper (ou d'aller trop souvent pisser) lorsque passent des pubs fait de vous un voleur!"
- Jamie Kellner, PDG de la Turner Broadcasting System Inc., filiale d'AOL Time Warner
Forum - Revue de presse
Les Déboulonneurs à Jouanno : « Témoignez à notre procès »
Voir son profilNrv
25 février 2010 | lien
http://www.rue89.com/2010/02/25/les-deboulonneurs-a-jouanno-temoignez-a-notre-proces-140481

Madame la ministre,

Vendredi 12 mars 2010, nous passerons en correctionnelle au tribunal de grande instance de Paris. Nous souhaitons que vous y soyez témoin. Ce passage devant la cour fait suite à une action de désobéissance civile non-violente lors de laquelle nous avons barbouillé des panneaux publicitaires.

Effectuée au sein du collectif des Déboulonneurs, en public, à visage découvert et de façon assumée, ce type d'action symbolique vise à dénoncer les multiples renoncements des pouvoirs politiques face à la publicité extérieure et à ses professionnels. A nos yeux, de telles actions sont nécessaires et légitimes.

En effet, le constat sur la situation actuelle est très largement partagé par les associations, les partis politiques (toutes tendances confondues) et parfois par les professionnels eux-mêmes : loi obsolète, inutilement complexe, largement bafouée et trop laxiste.

Vous avez ainsi déclaré vouloir « remettre la publicité à sa place » (AFP, 17 juin 2009) et indiqué qu'« il y a lieu aujourd'hui de faire le ménage pour en finir avec tous ces excès. Il y a désormais des pubs partout, et c'est une agression permanente » (Le Parisien). Face à de telles déclarations, nous devons bien avouer avoir été tentés de vous nommer « barbouilleuse d'honneur » de notre collectif ! Une telle conviction politique force l'admiration.

Comme nous avons déjà eu l'occasion de vous le dire, notre principale revendication est la tenue d'un large débat public sur la place de la publicité dans l'espace public. Tous les aspects seraient abordés sereinement et en détail : pollution visuelle et mentale, liberté de réception des messages, privatisation de l'espace public, impact économique, financement de services publics, égalité de traitement de l'expression commerciale, politique, syndicale, associative ou artistique. Les facettes sont multiples, mais elle permettent de questionner un des aspects essentiels de la vie de la cité. Bref, en un mot, de faire de la politique.

Ce débat est bien évidemment un préalable nécessaire à toute refonte en profondeur de la loi de 1979 encadrant la publicité extérieure. En 2009, sur invitation du gouvernement, nous avons participé aux travaux du Conseil national du paysage. Le cadre initial était certes extrêmement restreint et peu propice à une véritable réflexion. Toutefois, la porte était ouverte pour commencer à corriger les nombreuses aberrations de la loi et mettre sur pied un processus sur le long terme.

Las, nous avons finalement assisté à un simulacre des plus caricaturaux de concertation. Les décisions étaient prises avant les réunions, la réunion finale se déroulait sans les documents et les mesures votées au Sénat sont l'exact contraire de ce qui était annoncé. Vous comprendrez, nous en sommes sûrs, notre désarroi face à tant de désinvolture et de mépris.

Comment expliquer de façon rationnelle ce fossé phénoménal entre les paroles et les actes ? Comment expliquer qu'un sénateur réécrive son rapport pour dire l'inverse de ce qu'il pense ? Où en est-on de l'amélioration réelle de l'application de la loi ? La réforme de la police de l'affichage que vous prônez est-elle guidée par l'intérêt collectif ou par une volonté de faire baisser le nombre de fonctionnaires ? Comptez-vous remettre à plus tard encore la concertation promise au Sénat sur un renforcement des sanctions contre les afficheurs délinquants ?

De nouveaux dispositifs publicitaires sont installés dans l'espace public et profitent d'un flou juridique. Nous pensons aux écrans lumineux, parfois équipés de « caméras » espionnes, aux publicités intrusives (pléonasme) sur les téléphones portables.

Vous aviez, là encore, parlé de concertation. Quand ? Selon quelles modalités ? Devons-nous attendre que le déploiement soit inéluctable pour simplement faire le constat qu'il est trop tard ? Comptez-vous revenir sur les nouvelles dérogations octroyées aux afficheurs dans le cadre de la loi Grenelle II (bâches gigantesques sur les immeubles, publicités autour des aéroports) ? Doit-on s'attendre à ce que le passage de cette loi à l'Assemblée nationale ne finisse de détricoter ce qui existe ?

Finalement, êtes-vous réellement maîtresse des orientations et des décisions qui sont prises ? Nous avons entendu parler dans votre entourage « d'énormes pressions sur ce dossier, qui venaient de très haut ». On a également pu lire que certains services de votre ministère se trouvaient être « les alliés objectifs des afficheurs ».

Pour l'ensemble de ces raisons, nous souhaitons que vous témoigniez à notre procès. Nous ne vous demandons pas de cautionner notre mode d'action, mais vous pourrez ainsi éclairer utilement la cour sur le contexte politique de l'affichage publicitaire. Il nous semble en effet pertinent qu'une personne de votre conviction et ayant votre bonne connaissance du dossier puisse expliquer le fonctionnement des institutions, décrypter les liens qu'entretiennent tous les acteurs et identifier les points de blocage.

Par ailleurs, vous pourrez également apporter des réponses aux nombreuses questions qui restent à ce jour en suspens. Il serait par exemple intéressant que vous approfondissiez les prises de position du gouvernement. Les bonnes décisions sont toujours faciles à expliquer.

Vous déclariez très récemment encore que « pour [vous], la politique, c'est une affaire de sincérité ». À la suite à vos nombreuses déclarations publiques, nous sommes persuadés que le sujet vous tient à cœur et nous nous réjouissons de vous voir à nos côtés à la barre.
Voir son profilLoony
25 février 2010 | lien
Il n'y a rien à attendre nationalement car les pressions sont trop forts..mais localement chaque commune à le droit d'établir un RLP (règlement local de publicité) mais ces règlements locaux sont souvent trop laxiste envers les afficheurs...
Voir son profilNrv
26 février 2010 | lien  [X]
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