"Nous savions que la publicité ciblait les imbéciles. Je découvre que ça marche aussi auprès des abrutis profonds."
- Philippe Geluck, illustrateur pour publicités
Forum - Revue de presse
Nouvelle attaque contre les écrans LCD du métro parisien
Voir son profilLivethrobbe
8 janvier 2009 | lien
Lu sur : http://www.hns-info.net/spip.php?article16834

Citation:
Nouvelle attaque contre les écrans de pub LCD du métro parisien

jeudi 8 janvier 2009, par jesusparis

Le groupe Ras la pub s’est à nouveau attaqué, par des inscriptions à la peinture, au système d’écrans publicitaires LCD installé par la régie publicitaire Métrobus dans la station de métro Charles de Gaulle Etoile, à Paris. Les membres de Ras la pub avaient déjà frappé une première fois le 8 décembre dernier. [1]



Quelques jours auparavant, le président de la RATP, Pierre Mongin, était venu inaugurer en personne et en grande pompe les 4 premiers exemplaires du dispositif.

Ces panneaux, qui diffusent des images publicitaires animées ou fixes, sont destinés à envahir les couloirs du métro et les gares SNCF au cours de l’année 2009. En plus d’être énergivores et de happer encore davantage l’attention des usagers, ces écrans sont munis d’outils (capteurs de visage) qui analysent les détails des publicités qui attirent le plus l’attention des personnes et mesurent leur audience.

Le public est une fois de plus mis devant le fait accompli : un énième système publicitaire est mis en place sans qu’on lui ait demandé son consentement. De plus, les citoyens sont-ils informés que ces écrans les observent, et analysent leur comportement ? Dans les romans d’Orwell, les personnages savaient au moins qu’ils étaient surveillés ; ici, ce n’est pas le cas.

L’enceinte de la RATP est devenue, ces dernières années, un véritable laboratoire publicitaire, dont les usagers sont les cobayes qui s’ignorent. Attitude pathétique et lâche que celle de la direction de la RATP, qui ne daigne même pas reconnaître qu’elle considère les passagers comme des rats sur lesquels elle peut mener à sa guise ses expériences de contrôle social.

Le dispositif est, paraît-il, en phase de test. La réponse est claire : le cerveau des citoyens n’est plus disponible. Il serait temps que les dirigeants de la RATP comprennent que le métro sert à transporter des usagers d’un point à un autre, et non à les transformer en chair à canon au profit des publicitaires.

Nous invitons M. Mongin à annuler le déploiement de ces nouveaux écrans (400 prévus dès le premier semestre 2009) et faire cesser le matraquage publicitaire. Dans le cas contraire, nous renouvellerons notre action. Que les choses soient claires : ces écrans ne passeront pas !

Groupe Ras la pub

Le groupe Ras la pub, créé en 2008, a pour but de contrecarrer les nouvelles avancées du système publicitaire.


[1] http://www.hns-info.net/spip.php ?article16527
Voir son profilLivethrobbe
16 janvier 2009 | lien
Pour ceux qui ne le savent pas encore, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui n'est pas schizophrène, et qui était jusqu’alors secrétaire d’état à l’écologie, vient de passer secrétaire d’état à... l’économie numérique. Elle a répondu ce matin à une question fort opportunément posée par un auditeur au sujet des écrans LCD du métro. Ca commence vers 12.40 :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/morizet%2Binter/video/x81njl_natalie-kosciuskomorizet_news

Ah puis pendant que vous y êtes, je vous recommande chaudement la ch'tite vidéo d'à côté sur les agroglyphes ("crop circles" en anglais).
Voir son profilKristo
19 janvier 2009 | lien
Crop circles, NKM, dans les 2 cas, la vérité est ailleurs... Smile
On ne se demande pas pourquoi elle se défend autant d'être schizophrène... L'UMP est naturellement hyper écolo...

Voir son profilNrv
19 janvier 2009 | lien
Selon une journaliste de 20 minutes qui cherche à entrer en contact avec le groupe "Ras la pub", la RATP aurait démenti cette seconde action. C'est assez intéressant, parce que sur la photo le panneau a bien l'air d'avoir pris un coup de peinture.

Autant, je ne comprend pas l'intérêt qu'il peut y avoir à revendiquer une action qui n'a pas eu lieu, autant je vois très bien que la RATP ne veut pas faire trop de bruit autour de cette histoire. Est-ce que des petits problèmes de conscience commencent à les titiller ? Smile
Voir son profilLivethrobbe
23 janvier 2009 | lien
nrv a écrit:
Autant, je ne comprend pas l'intérêt qu'il peut y avoir à revendiquer une action qui n'a pas eu lieu, autant je vois très bien que la RATP ne veut pas faire trop de bruit autour de cette histoire. Est-ce que des petits problèmes de conscience commencent à les titiller ? Smile


C'est pas des problèmes de conscience. Au contraire, les directeurs de la RATP sont parfaitement conscients que si cette affaire d'écrans devenait un scandale médiatique, les journalistes, puis le grand public, leur tomberaient dessus et leur demanderaient des comptes.

Et ça, ce ne serait pas supportable.

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Voir son profilJeuf
26 janvier 2009 | lien
Il y a un aspect que les militants ont, je pense, oublié. C'est la raison pour laquelle la machine à produire ces écrans et leur justification est lancée, et pour laquelle rien ne pourra l'arrêter.

On trouve lors de la seconde guerre mondiale les expressions les plus visibles de ce que le philosophe J.Ellul a nommé "l'autonomie du système technicien". Voici une illustration de cette "autonomie" dans W. G. Sebald, De la destruction comme élément de l’histoire naturelle.

Lu par ailleurs : "Alors qu’en 1944 les bombardements massifs britanniques sur l'Allemagne n’ont en rien entamé le moral des populations civiles, tous les rapports montrent leur échec, il ne sont pas arrêtés par Sir Arthur Harris". Suivant W.Sebald, c’est que
Citation:
constituant une entreprise qui avait nécessité un tel investissement matériel et en organisation, et qui [...] engloutissait un tiers de la production de guerre britannique, l’offensive aérienne avait acquis une dynamique propre excluant pratiquement une baisse d’activité ou un changement de cap à court terme, qui plus est à un moment où, après trois années de développement intensif des bases et des usines de production, elle était au maximum de son rendement ou, autrement dit, avait atteint sa plus grande capacité de destruction. Le bon sens économique répugnait à laisser en friche ce matériel produit, à maintenir au sol, sur les terrains d’aviation de l’est de l’Angleterre, les appareils et leur précieuses cargaison. [...] A voir comment elle s’est déroulée, faisant litière de tout argument fondé sur la raison, on comprend [...] que les victimes de guerre ne sont pas des victimes sacrifiées en chemin au nom d’un objectif, quel qu’il soit, mais, au sens exact du terme, qu’elles sont elles-mêmes l’objectif à atteindre


Je ne sais pas si les écrans LCD ont été produits ou sont sur le point de l'être;
mais de la même manière que les généraux anglais, les dirigeants de la RATP et/ou métrobus et de usines d'écrans LCD se refusent fermement à abandonner et faire fi des investissements qui ont été effectués en terme d'étude technique, de mise en place de chaine de production et éventuellement de production de ces écrans. Nous serons pour cela bombardés de publicité, de flicage, etc, indépendemant de considération éthique et peut-être même de rationnalité économique sur l'"efficacité" coût des écran/marchandises supplémentaires vendues par la pub... Ce "bon sens économique", la nécessité de l'amortissement (la conception même de ces écrans se justifiant de la même manère : il fallait amortir les laboratoires High-tech qui les conçoivent, occuper les gens qui travaillent dedans, trouver des débouchés pour financer tout ça...), sera le rouleau compresseur qui écrasera toute autre forme d'argument dans la pensée de ceux qui mettent en place ces dispositifs.
Voir son profilJeuf
29 janvier 2009 | lien
Un article dans le Monde à ce sujet :
http://www.lemonde.fr/societe/article/2009/01/28/des-elus-reclament-le-retrait-des-ecrans-de-pub-animes-dans-le-metro_1147803_3224.html#xtor=AL-32280184
Citation:

Des élus réclament le retrait des écrans de pub animés dans le métroLEMONDE.FR | 28.01.09 | 19h35 • Mis à jour le 28.01.09 | 19h51

Un collectif d'associations et des élus d'Ile-de-France ont demandé, mercredi 28 janvier, la suspension des panneaux publicitaires ACL (affichage à cristaux liquides) dans le métro parisien, et annoncé leur intention de lancer une action en référé devant le tribunal administratif dans les prochains jours.

Ces écrans, qui diffusent en boucle de la publicité animée, sont équipés de capteurs détectant le comportement des visages des passants et d'un dispositif Bluetooth. Quatre d'entre eux sont déjà actifs à la station Etoile, mais la RATP s'apprête à en déployer 400 cette année et la SNCF 800 dans les gares franciliennes. Dans un communiqué, la régie publicitaire de la RATP, Metrobus, précise que ce dispositif "puissant" et "avant-gardiste" pourrait à terme diffuser des images 3D.

Mais pour Charlotte Nenner, présidente de Résistance à l'agression publicitaire (RAP), l'implantation de ces panneaux revient à "instaurer la vidéosurveillance à des fins commerciales et une publicité intrusive via le dispositif Bluetooth". La technologie Bluetooth permet de transmettre des données entre des appareils sans liaison filaire. Les voyageurs pourraient ainsi être amenés à recevoir des messages émanant de ces panneaux sur leur téléphone mobile, a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse à Paris, en présence de la députée Martine Billard (Verts) et du maire adjoint PRG du XIe arrondissement Christophe Mikhaïloff.


"EN AUCUN CAS UNE COLLECTE D'INFORMATIONS PERSONNELLES"

Dans un communiqué, la RAP dénonce de "sérieux problèmes de liberté et de santé publiques", dont l'"électro-pollution par transmission Bluetooth". L'association affirme également que "ces capteurs doivent aussi pouvoir donner, à terme, des informations sur l'âge et le sexe des passants réceptifs à chaque campagne".

Une accusation que réfute la RATP. Dans un communiqué, la société affirme que les capteurs "détectent les formes des visages orientés vers l'affiche, mesurent le nombre de passages devant l'écran et le temps d'exposition au message". Il s'agit "d'un simple système de comptage et en aucun cas d'une collecte d'informations personnelles concernant les voyageurs", assure-t-elle.


La RATP et sa régie publicitaire précisent par ailleurs que "la fonctionnalité Bluetooth est installée mais non activée". Il s'agirait d'une "perspective de développement qui permettrait la mise à disposition gratuite d'informations, de contenus ludiques ou culturels pour les voyageurs qui auraient choisi de les télécharger en approchant leur téléphone de l'affiche à un endroit signalé".
Voir son profilMartin
3 février 2009 | lien
Ces nouveaux big brother publicitaires apparaissent aux USA également:

Citation:

When you watch these ads, the ads check you out



MILWAUKEE - Watch an advertisement on a video screen in a mall, health club or grocery store and there's a slim — but growing — chance the ad is watching you too.

Small cameras can now be embedded in the screen or hidden around it, tracking who looks at the screen and for how long. The makers of the tracking systems say the software can determine the viewer's gender, approximate age range and, in some cases, ethnicity — and can change the ads accordingly.

That could mean razor ads for men, cosmetics ads for women and video-game ads for teens.

And even if the ads don't shift based on which people are watching, the technology's ability to determine the viewers' demographics is golden for advertisers who want to know how effectively they're reaching their target audience.

While the technology remains in limited use for now, advertising industry analysts say it is finally beginning to live up to its promise. The manufacturers say their systems can accurately determine gender 85 to 90 percent of the time, while accuracy for the other measures continues to be refined.

The concept is reminiscent of the science-fiction movie "Minority Report," in which Tom Cruise's character enters a mall and finds that retinal scanners identify him and prompt personalized ads that greet him by name.

But this technology doesn't go nearly that far. It doesn't identify people individually — it simply categorizes them by outward appearances.

So a video screen might show a motorcycle ad for a group of men, but switch to a minivan ad when women and children join them, said Vicki Rabenou, the chief measurement officer of Tampa, Fla.-based TruMedia Technologies Inc., one of the leaders in developing the technology.

"This is proactive merchandising," Rabenou said. "You're targeting people with smart ads."

Because the tracking industry is still in its infancy, there isn't yet consensus on how to refer to the technology. Some call it face reading, face counting, gaze tracking or, more generally, face-based audience measurement.

Whatever it's called, advertisers are finally ready to try it, said advertising consultant Jack Sullivan, a senior vice president of Starcom USA in Chicago. "I think you're going to see a lot of movement toward it by the end of this year in the top 10 markets," he said.

Because face tracking might feel reminiscent of Big Brother, manufacturers are racing to offer reassurances. When the systems capture an image of who's watching the screen, a computer instantly analyzes it. The systems' manufacturers insist, however, that nothing is ever stored and no identifying information is ever associated with the pictures. That makes the system less intrusive than a surveillance camera that records what it sees, the developers say.

The idea still worries Lee Tien, a senior staff attorney with the Electronic Frontier Foundation, a civil-liberties group in San Francisco. Tien said it's not enough to say some system is "not as bad as some other technology," and argues that cameras that study people contribute to an erosion of privacy.

In general, the tracking systems work like this: A sensor or camera in or near the screen identifies viewers' faces by picking up shapes, colors and the relative speed of movement. The concept is similar to the way consumer cameras now can automatically make sure faces are in focus.

When the ad system pinpoints a face, it compares shapes and patterns to faces that are already identified in a database as male or female. That lets the system predict the person's gender almost immediately.

"The most important features seem to be cheekbones, fullness of lips and the gap between the eyebrows," said Paolo Prandoni, chief scientific officer of Quividi, a French company that is another player in face-tracking technology. Others include Studio IMC Inc. in New York.

The companies say their systems have become adept at determining a viewer's gender, but age is trickier: The software can categorize age only in broad ranges — teens, younger to middle-aged folks and seniors. There's moderate demand for ads based on ethnic information, but the companies acknowledge that determining ethnicity is more challenging than figuring out gender and age range.

Prandoni provided The Associated Press a limited version of Quividi's software, which uses an ordinary webcam to stream video to a computer. The trial version tracked gender only, using color-coded circles to distinguish male and female faces.

The sample size was too small to be statistically significant, but it was accurate about 80 to 90 percent of the time.

That might be as precise as the systems ever get, said Deborah Mitchell, a professor of consumer psychology at the University of Wisconsin-Madison. Even the human brain can't always determine gender, age or ethnicity.

Still, "even if it gets to 70 percent accuracy, that's still giving you a wealth of information," said Mitchell, who teaches in the Wisconsin School of Business.

That information is certainly valuable to Bill Ketcham, the chief marketing officer of Adspace Networks Inc. His New York company sells video advertising on 1,400 video screens at 105 malls around the nation.

Adspace is testing six TruMedia systems at malls in Winston-Salem, N.C., Pittsburgh and St. Louis. The kiosks display a daily list of top 10 sales at the mall, as well as paid advertising that comes largely from movie studios and TV networks.

A 15-second video ad that replays across Adspace's national network can cost as much as $765,000 per month. So advertisers expect rigorous information about who sees the spots — information that face tracking can now provide, Ketcham said.

For now, at least, Adspace isn't changing the ads based on who's watching — Ketcham said the kiosks' audiences are so large that it wouldn't be practical to personalize ads to individuals.

While advertisers like the face-tracking technology, another privacy advocate, Harley Geiger, questions whether it should be used on consumers without their knowledge. Geiger, staff counsel for the Center for Democracy & Technology in Washington, D.C., said advertisers should be telling consumers what details about them are being collected and for what purpose.

"With the technology proliferating, now or the short-term is the time to consider privacy protections," he said. "If you don't build it in at an early stage it becomes very difficult to build it into an already established system."


Source: AP

Sinon Jeuf, tu as tout à fait raison: on se laisse envahir par la complexité, qu'elle soit technologique ou bureaucratique et il devient difficile de concevoir une vie "simple" (qui ne serait pas non plus synonyme de "simpliste").
Mais va expliquer ça a des types qui baignent dedans depuis toujours...
Voir son profilMartin
3 février 2009 | lien
Et sur Politis, qui relaye l'action:

Citation:

Le cauchemar publicitaire dans la quatrième dimension



L’installation dans le métro parisien d’écrans de publicité « intelligents » équipés d’un capteur de visage et d’un système de transmission de données sans fil à destination des usagers inquiètent les associations.




(suite)
Voir son profilKristo
27 juillet 2009 | lien
livethrobbe a écrit:
Ah puis pendant que vous y êtes, je vous recommande chaudement la ch'tite vidéo d'à côté sur les agroglyphes ("crop circles" en anglais).

Quelques articles sur la question :

Le mystère des crop circles (site Zététique)
http://www.zetetique.org/agrogrammes.html

Le Gogogramme de Crabwoods
http://www.zetetique.org/gogogrammes.html

Article du Skeptical Inquirer magazine
http://www.charlatans.info/signes.shtml

Crop circle : le phénomène (avec une photo du coupable)
http://www.geo-trotter.com/cat-crop-circles.php

A propos des Crop Circles (site de J-P Petit)
http://www.jp-petit.org/nouv_f/Crop%20Circles/Crop_Circles.htm

Et un site de céréalogistes (en fait ce sont eux, les céréales-killers) : http://www.circlemakers.org


Celui-là contient un message codé...
Voir son profilKristo
11 octobre 2010 | lien  [X]
Les éclats des écrans Numériflash
Culture visuelle - Dimanche 10 octobre 2010



Il a été beaucoup question des panneaux Numériflash, dont le déploiement a repris et s’intensifie actuellement à Paris, à cause de leurs caméras espionnes et de leur utilisation des ondes Bluetooth. Mais leur prégnance dans les couloirs du métro et du RER, liée à leur taille, à leur grande luminosité et aux animations affichées, a été un peu vite oubliée. Pourtant, elle peut se montrer fort gênante, elle aussi.

Sur son « dernier blog », Jean-Noël Lafargue a déjà évoqué à plusieurs reprises cette année les dispositifs publicitaires « Numériflash », ces écrans de 90 × 160 cm posés à la verticale, comarqués Samsung et Metrobus, et capables de diffuser des publicités animées (lire ses billets ici, là, là et là). J’aborde ce sujet à mon tour au moment où le déploiement de ces écrans, qui a repris en avril dans les couloirs du métro et du RER à Paris, semble passer à la vitesse supérieure. C’est pour moi l’occasion de prendre mieux conscience de leur nuisance.

L’accélération était flagrante cette semaine à République, une grande station parisienne que je fréquente une à deux fois par jour en semaine. Ce weekend, en repassant par cette même station, j’ai compté pas moins de six écrans Numériflash sur mon trajet. Si République a fait l’objet d’un équipement particulièrement rapide et abondant, sans doute est-ce parce que ces écrans sont ainsi présentés aux annonceurs :

« Communiquez sur le 1er réseau numérique en France. Une présence sur un écran LCD full HD 70’’ dans des stations à fort trafic. Des emplacements ultra qualitatifs 100 % isolés pour une meilleure visibilité de votre campagne. »

La fiche produit (PDF) d’où je tire ce passage indique aussi qu’entre septembre 2010 et janvier 2011, le nombre de « faces » Numériflash doit passer de 295 à 350. Début juin, il n’y en avait encore que 140 en place. Le nombre total annoncé d’écrans Numériflash appelés à composer le « Réseau Nouvelles Technologies » de Metrobus, l’actuelle régie publicitaire de la RATP (filiale de Publicis et JC Decaux), est de 400 dans 90 stations de métro et de RER, principalement à l’intérieur de Paris. Selon certaines sources, ce chiffre de 400 écrans en place serait à atteindre dès la fin de l’année, moment d’une possible passation du rôle de régie. Par ailleurs, il est question d’en installer 800 de mieux dans les gares SNCF.

Il faut se mettre un instant à la place de Metrobus (et du GIE dont elle est membre, Media Transports) : grâce à Numériflash, on peut se passer de tout colleur d’affiches, en faisant malgré tout preuve de bien plus de souplesse et d’efficacité dans le ciblage. Avec l’informatisation, l’alternance des publicités au fil de la journée devient d’une simplicité déconcertante. Il devient envisageable d’« accompagner » les cibles dans leurs déplacements (voir les tranches-horaire « Business », « Conso » ou « Loisirs » proposées par l’exploitant sur la fiche mentionnée plus haut) dont on sait aujourd’hui qu’ils sont fort prévisibles. En outre, j’imagine sans peine qu’on peu retoucher une affiche, je veux dire une animation qui n’aurait pas suffisamment d’impact et la rediffuser immédiatement, à grande échelle [1].

Avec des possibilités déjà si prometteuses, le dispositif Numériflash complet, incluant avec chaque écran deux caméras traquant le comportement des passants et le recours aux ondes Bluetooth, pour leur glisser quelques offres promotionnelles directement dans le terminal, prend tout son sens. Après l’avis défavorable aux associations rendu par la Cnil, le dispositif sera mis en place dans son intégralité. Il avait simplement été « décidé de ne pas intégrer tout de suite dans les écrans les capteurs, ni le module permettant d’envoyer des messages, “pour calmer les esprits”, selon Norbert Maire, directeur de l’innovation de Métrobus » (Leparisien.fr). Ainsi, tandis que sur nos ordinateurs portables, nos tablettes et autres smartphones, nous « multitouchons » les images à l’envi, à l’instar de John Anderton (Tom Cruise) qui tripotait du bout des doigts les sinistres visions d’un trio de precogs, les afficheurs se « Minority Reportent », eux aussi. C’est à croire que des precogs étaient déjà présents lors du brainstorming de Santa Monica, organisé par Steven Spielberg en 1999 dans le cadre de la préparation de son film…

L’un des autres « avantages » de ces écrans Numériflash, grands, lumineux et animés, est de tirer leur épingle du jeu dans des zones mal éclairées (quantitativement et/ou qualitativement) ou dans des lieux d’intense passage. C’est sur cette prégnance, un thème un peu délaissé me semble-t-il, que j’aimerais insister.

Telle que rapportée par de nombreux articles de presse, l’opposition à ces écrans aurait pour motifs centraux voire exclusifs des points qui, je l’ai dit, ont été temporairement retirés du dispositif. Sans doute car ce sont sur ces thèmes que les associations avaient assigné la RATP et Metrobus en justice. Cependant, je découvre qu’il y a d’autres objets de critique, dont précisément cette forte prégnance dans les sous-sols. Sur le site de l’association Résistance à l’agression publicitaire (RAP), l’un des reproches formulés est que « Les nouveaux écrans publicitaires des couloirs des métros et RER sont très agressifs (images animées, rythme relevé, forte luminosité…) ».

Il m’était difficile de prendre pleinement conscience de ce problème auparavant. Mais effectivement, même dépourvus d’yeux épieurs et de « dent bleue », je trouve ces écrans Numériflash extrêmement sollicitants. À force de les croiser, un vif sentiment d’agression s’est emparé de moi. Je me souviens entre autres d’une publicité pour RTL, à la dominante écarlate, dont l’animation consistait en une série de rotations latérales, passant d’un visuel à un autre à un rythme soutenu. Il m’était à peu près aussi difficile que pénible d’emprunter les couloirs du métro en ignorant ces publicités. Je suis bien d’accord avec RAP lorsqu’elle estime que les écrans Numériflash semblent en partie conçus « pour mieux nous empêcher de laisser vagabonder notre esprit » (PDF). Objectif atteint ?

Avec la mise en place de ces écrans, un sérieux coup de barre pro-marketing et à l’encontre de l’usager me semble avoir été réalisé. Ce dernier s’acquitte pourtant de son titre de transport et doit déjà supporter quelques 80 000 faces publicitaires dans les couloirs, sur les quais et dans les rames, qui rapportent moins de 2 % des recettes de la RATP. Parallèlement, le coût des titres de transport n’est pas à la baisse, bien au contraire, et la vétusté des transports en commun tarde à se résorber. Certes, des écrans interactifs comparables à ceux du réseau Numériflash sont déjà exploités à l’étranger depuis longtemps. Pour ma part, ces écrans sont la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Qu’en sera-t-il lorsque l’heure des publicités en 3D via écran Numériflash, évoquée dès 2008, aura sonné ?

Cette année, les usagers ont pu croiser à plusieurs reprises des écrans Numériflash dont la vitre de protection avait été brisée. Ces vitres font parfois l’objet de tags (« Aliénation », « Stop pub », « No pub »…). Selon Metrobus, de telles dégradations « ne viennent pas des banlieues puisqu’il n’y a pas de fautes d’orthographe » (!). Elles seraient le fait d’« activistes anti-pub » (pour les tags), sans être nécessairement celui d’associations telles que RAP, qui déclare préférer les voies de la négociation et de la légalité.

Sans aucunement cautionner les actes de vandalisme dont font l’objet ces écrans, quels qu’en soient les auteurs, je peux parfaitement comprendre qu’ils aient été commis. J’aimerais croire que « C’en est désormais fini d’une certaine impunité en matière d’agression publicitaire » et que « Ceux qui sont, à l’origine, simplement censés assurer nos déplacements quotidiens, vont devoir rendre des comptes sur leur politique de harcèlement publicitaire, menée à l’encontre des citoyens » (Challenges.fr). Mais j’en doute, ne serait-ce que parce que cette question de la prégnance publicitaire n’est pas suffisamment encadrée aujourd’hui.

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Et si on interdisait la pub à Paris ?

Google, motivé par le désespoir publicitaire

17 juin: Le Publiphobe n°145 est disponible.

4 mai: 1 photo ajoutée dans Saint-Étienne.

14 février: "Dans la boîte" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

14 décembre: 1 photo ajoutée dans Détournements.

1er juillet: 1 photo ajoutée dans Métro.

1er juillet: "Couloir piégé" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

13 mai: 2 photos ajoutées dans Mobiliers urbains.

6 mai: "Ici, un arbre" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

3 mai: "Pas de pub, des arbres ! Les anti-pub sur le periph" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

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