"La publicité annonce une société dans laquelle la part la plus humaine de l'homme serait passée aux oubliettes, elle préfigure une civilisation dans laquelle l'humanité se réduirait à la consommation"
- Paul Ariès
Forum - Compte-rendu d'action
Compte-rendu instructif d'une action
Voir son profilMystery
8 janvier 2009 | lien
Quelques données sur l'action d'hier soir :

Nombre de stations redécorées : 12

Bilan carbone de l'action : 0,85 kilogrammes équivalent carbone émis (production de marqueurs et encre)
Gains environnementaux de l'action :
-420,4 kg éq. carbone évités par la réduction de consommation matérielle du public cible (soit un coefficient de Performance Carbone de 494)
-110kWh d'électricité économisés par extinction des lumières des pubs

Indicateurs Qualité de nos actions :
-certification ISO 9001 obtenue (le 14/11/2008)
-certification ISO 14001 : étape 3/5 validée


Masse de papier publicitaire mis hors service : 153 kg
Durée moyenne de vie d'une publicité en temps normal : 6 jours
Surface totale de publicité dans le métro parisien : environ 5 hectares

---------------

Suivant Bernard Charbonneau, "Le futur triomphe, mais nous n'avons pas d'avenir", écrivais-je, de manière appropriée, sur une publicité de produit tristement coloré qui se veut futuriste, l'ipoDEEE intraitable.
Pas d'avenir, non, et "ni de passé", ajoutait malicieusement une amie en plus petit.

C'est vrai, l'acculturation publicitaire tend à passer le bulldozer sur notre mémoire. C'est pourquoi je me propose une petite rétrospective historique, avec un petit détour par les XIXème et XXème siècles, pour bien commencer l'année 2009.
Le second empire, qui fut dirigé de 1852 à 1870 par Napoléon III, a laissé beaucoup de marques dans Paris. Le nom d'Haussman est largement présent autour de St-Lazare; les stations de métro de Solférino, Denfert-Rochereau et 4 Septembre nous rapellent respectivement la gloire, la débacle (déjà évoqué sur ce forum, j'espère que vous suivez), et la fin officielle (04/09/1870) du Second Empire.
La personnalité de Napoléon III était assez égnimatique et a suscité beaucoup de commentaires, de questions laissées sans réponse. Parallèlement au durcissement de régime qu'il mit en place, en tant que fossoyeur de la IIème république, on dit de lui qu'il voulut lutter contre la misère, qu'il voulut faire son possible pour la réduire en France, avec une sincérité indéniable; une naïveté touchante, selon des observateurs.

Ce qui m'amène évidemment à une récupération idéologique dans le cadre de nos critiques du système publicitaire, consommatoire, et de croissance économique (croissance qui connu justement son "démarrage", pour ce qui est de la France, sous le second empire ou un peu avant, à en croire W.W. Rostow, Les étapes de la
croissance économique
,1960).
Car il est clair que le chef de l'État aujourd'hui ne se donne nullement la peine de vouloir donner l'image de lutter contre la misère, qui existe encore malgré la multiplication du PIB depuis Napoléon III. Il y a beaucoup moins de gène pour le chef actuel, d'utiliser à son propre usage l'argent de l'État sous diverses formes, tandis qu'on apprend que Napoléon III prélevait sur son propre salaire (la "liste civile") pour pouvoir donner...
Il avait même écrit en 1844, à en croire le site dédié, "une brochure intitulée
L'extinction du paupérisme. Il ne l'a pas reniée" par la suite. Ce qui ne veut pas dire qu'il est parfait.
Peine perdue, malgré toute ces bonnes intentions, on peut dire qu'il existe encore de la misère en France, et que dire dans le monde... Nous récusons le fatalisme qui dirait que c'est pour l'éternité, et disons que le système croissantiste fait fausse route en croyant éradiquer ce qu'on nomme la misère par du "produire plus". C'est bien parce que c'est le même système qui perdure, que perdurent ces problèmes. Et la première de toute les décroissance à souhaiter, c'est celle des inégalités. Cela n'a rien d'une utopie : en effet, en 1942, le président Roosevelt déclarait : "Aucun citoyen américain ne doit avoir un revenu (après impôt) supérieur à 25 000 dollars par an" (cela correspondrait aujourd'hui à 315 000 dollar, soit 8,5 le revenu médian ou 25 fois les plus bas salaire). Et un système d'imposition fut mis en application de cela aux États-Unis,
il perdura jusqu'aux années environ 1980, époque où l'application d'une idéologie libérale a fait explosé les inégalités dans tous les pays : aujourd'hui les différences de revenus atteignent des facteurs non de l'ordre de 25, mais supérieurs à 1000... [pour en savoir plus : alternatives-economiques.fr]

Pour en revenir à Napoléon III, il est aussi connu pour avoir organisé de grands banquets pour impressionner l'Europe (On se référera là encore à l'œuvre de Zola pour en avoir une description).
N'y voyait-il pas de contradiction avec son combat contre la misère? Surement pas, dommage.
Aujourd'hui, en France, c'est les banquets du second empire à chaque fête de fin d'année. Ou même tous les jours. Des quantités invraisemblables de nourriture sont englouties ou jetées, par des personnes qui n'ont pas d'autre idées d'utiliser leur argent (qui en trouvent quand même pour ça malgré la crise qui est sensée avoir
ruiner...), qui se rendent malades de trop manger, et dont certaines se permettent déverser des larmes à l'évocation des miséreux qui eux manque de nourriture.
à la suite d'une action anti-publicitaire sobre en consommation matérielle, nous allâmes manger, ce qu'il faut et pas trois fois plus, nous mangeâmes végétarien, dans la convivialité, ce ne fut pas un repas moins réussi que moult autres où la nourriture est en quantité suffocante. On peut vivre dignement et très heureux sans se gaver de nourriture ou d'objets inutiles. Rien de neuf, de ce coté, en 2009.
Voir son profilMiettou
10 janvier 2009 | lien
Qu'a t'on à faire de connaitre les bonnes âmes charitable de Napoléon et de Roosevelt ? Ce post pue la croyance mystique en l'existence de "bon" et de "mauvais" dirigeants.

La misère de l'homme sous le capitalisme ne se mesure pas à la quantité de ses biens possédés. Elle n'est pas quantifiable, puisqu'avant tout existentielle. Réduire le contenu de cette action anti-pub à de simples données chiffrée - exhibée fièrement comme garantie scientifique du bien fondée de l'action - démontre bien que la logique du capital (en l'occurrence son règne du quantifiable et de l'échangeable) continue à régenter les raisonnements de ceux qui prétendent être ses ennemis. Vous êtes les partisans de la fausse contestation, dans laquelle la société marchande et le pouvoir hiérarchisée trouvent une garantie supplémentaire de leur pérennisation. Une sorte de soupape de sécurité de la contestation officielle, car encore tolérable.

La volonté de Roosevelt et de Napaléon de réduire la misère de leur temps entre dans la mystification du pouvoir, dans son processus de travestissement de la réalité. Blamer Sarko de ne pas se donner la peine de faire de même, c'est revendiquer un paternalisme aliénant, aux antipodes de l'émancipation réelle. C'est revendiquer un esclavage à visage plus humain, mais ce n'est en aucun cas une contestation de l'esclavage.

La critique de la croissance économique comme fer de lance intellectuel et pratique ne tient pas la route très longtemps. Elle ne reste qu'une critique parcellaire du système. (Et c'est encore plus vrai pour ceux qui se contentent juste de critiquer la publicité en tant que telle, voire ne revendiquent qu'une réduction de sa présence.)
On ne veut pas de capitalisme décroissant, de même on ne veut pas une autogestion du capitalisme.
Voir son profilLoony
10 janvier 2009 | lien
"On ne veut pas de capitalisme décroissant, de même on ne veut pas une autogestion du capitalisme."

Qui c'est ...."on"? Vous êtes..... qui?
Voir son profilMiettou
10 janvier 2009 | lien
"Nous" c'est ceux qui souhaitent une émancipation totale de l'humain.
Je parle au nom de ceux qui se retrouve dans ce discours. L'utilisation du "on", c'est pour éviter l'appropriation de l'idée par un auteur unique. Ne pas se dire "je pense comme lui", mais "je pense ça".
Voir son profilKtche
10 janvier 2009 | lien
miettou a écrit:
Ce post pue la croyance mystique en l'existence de "bon" et de "mauvais" dirigeants.


Et le tien fait prendre conscience que l'humour est encore bien difficile à faire percevoir à ceux qui viennent de découvrir la lune (critique)

Il se trouve que le rédacteur du message qui introduit ce fil de discussion est doté d'un certain sens de l'ironie, d'une part, ainsi que d'une capacité à la critique qu'il a forgée avec suffisamment d'humilité et de profondeur, d'autre part pour proposer à la réflexion de ses lecteurs autre chose que du bréviaire pré-mâché.

Avec un minimum de recul (et de lecture de ses autres contributions dans le forum), il devient difficile de le faire rentrer dans la case "autogestion du capitalisme décroissant"...
Voir son profilLoony
11 janvier 2009 | lien
"Je parle au nom de ceux qui se retrouve dans ce discours"

Pardon, j'ai cru comprendre que vous aviez déja pleine de copains qui partagait vos idées.
Voir son profilKtche
11 janvier 2009 | lien
Effectivement, il doit avoir plein de copains qui partagent ses idées.
Même en insinuant qu'il est seul, ça ne rendra pas ton avis plus représentatif de ce qui peut s'exprimer dans ce forum.
Voir son profilLoony
11 janvier 2009 | lien
Je parle pour moi, seulement.
Voir son profilLoony
11 janvier 2009 | lien
Miettou à écrit qu'il souhait ".. une émancipation totale de l'humain. ...."

En attendant cette émancipation totale (qui risque de prendre plusieurs siècles à mon avis, voir plus), saviez vous que vous pouvez enlever tous les panneaux et les enseignes illégalement installés dans votre ville, voir le site du RAP ou Paysages de France....ca serait toujours ca de gagné!
Voir son profilJeuf
12 janvier 2009 | lien
D'abord , il semble que le lien sur Roosevelt soit erroné
Le bon est ici : http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2008/11/29/les-etats-unis-instaurent-un-revenu-maximum-pour-sortir-de-la-crise


Citation:
Qu'a t'on à faire de connaitre les bonnes âmes charitable de Napoléon et de Roosevelt ? Ce post pue la croyance mystique en l'existence de "bon" et de "mauvais" dirigeants.


Je ne crois pas qu'il soit prétendu quelque chose de ce genre pour Napoléon III. C'est assez flou dans sa vie et dans le post de compte-rendu qui ne fait que donner des éléments épars et d'ailleurs contradictoires.

Le petit détour sur Roosevelt serviat simplement à rappeller que lutter contre les inégalités, en instaurant un revenu maximum, ça entre dans le champ des possibles, pour la bonne et excellente raison que ça a été fait.

Je pense qu'il importe de faire un peu d'histoire de temps en temps. De ne pas oublier. Beaucoup d'élèves pensent que ça ne sert à rien...rien de "productif" surement...
J'ai eu récemment cette idée, en me représentant un monde où 'il n'y a aucune éducation à l'histoire : alors rien , absolument rien, ne permettrait aux enfants de ne pas s'imaginer, par exemple, que le monde dans lequel nous sommes, caractérisé notament par les nombreux système techniques qui nous entourent, ne soit pas là de tout temps...



Citation:
Blamer Sarko de ne pas se donner la peine de faire de même, c'est revendiquer un paternalisme aliénant, aux antipodes de l'émancipation réelle.

Peut-être l'auteur de ce compte-rendu voulait-il donner une image forte, en quelques mots rapides, et en faisant semblant d'ignorer d'autres positions plus avant-gardistes qu'il connait quand même mais qu'on ne peut se permettre de dévelloper à chaque fois. Voir ses autres posts...
notament, il pourrait connaître celle-ci :
Citation:
Réduire le contenu de cette action anti-pub à de simples données chiffrée - exhibée fièrement comme garantie scientifique du bien fondée de l'action - démontre bien que la logique du capital (en l'occurrence son règne du quantifiable et de l'échangeable) continue à régenter les raisonnements de ceux qui prétendent être ses ennemis

et il me semble bien plutôt que les chiffres donnés, et les états d'avancement des indicateurs qualité, sont mis là avec un sérieux ironique...

Autre élément de critique connu :
Citation:
Vous êtes les partisans de la fausse contestation, dans laquelle la société marchande et le pouvoir hiérarchisée trouvent une garantie supplémentaire de leur pérennisation.

voir par là : http://www.bap.propagande.org/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&p=28139


Citation:
Citation:
Les adversaires de Staline ont joué d’autres rôles. Ils ont été contraints de le faire, parfois même de dénoncer les méfaits de Staline. C’était leur arme dans la lutte qu’ils menaient. Faible peut-être, mais arme quand même et non vertu naturelle.



(Bien sûr, vous pouvez remplacer dans cette phrase sans mal « Staline » par « Sarkozy » ou « système industriel » ou ce que vous voulez)


Bon, pour finir, je dirai qu'on nage tous dans les contradictions,
Ainsi, vous faites partie de
Citation:
ceux qui souhaitent une émancipation totale de l'humain.

ce qui est sûrement plein de bonnes intentions (si on suppose qu'il existe quelque chose comme le "bien")
et d'un autre côté vous reniez le droit de de personnages historiques d'avoir été pourvus aux aussi de bonnes intentions! ou du moins s'ils en avaient de ne pas s'y être pris de façon convenable ( j'espère ne pas mal interpréter votre propos )
Voir son profilMiettou
14 janvier 2009 | lien
ktche a écrit:
miettou a écrit:
Ce post pue la croyance mystique en l'existence de "bon" et de "mauvais" dirigeants.


Et le tien fait prendre conscience que l'humour est encore bien difficile à faire percevoir à ceux qui viennent de découvrir la lune (critique)

Il se trouve que le rédacteur du message qui introduit ce fil de discussion est doté d'un certain sens de l'ironie, d'une part, ainsi que d'une capacité à la critique qu'il a forgée avec suffisamment d'humilité et de profondeur, d'autre part pour proposer à la réflexion de ses lecteurs autre chose que du bréviaire pré-mâché.

Avec un minimum de recul (et de lecture de ses autres contributions dans le forum), il devient difficile de le faire rentrer dans la case "autogestion du capitalisme décroissant"...


Effectivement, je fréquente trop peu ce forum pour prétendre y connaitre quiconque. Mais mon post ne portait pas tant sur la personne que sur le contenu du post. J'ai réagi à ce qui a été dit, et ce d'autant plus "objectivement" que je ne connais pas le/la posteur/e.
Quant au sens de l'humour, on ne doit pas avoir le même.

Donc si vous avez des arguments sur le fond du message, je suis preneur. Mais ce n'est pas en vantant les mérites de son initiateur/trice que vous "justifierez" ce qui a été écrit par lui/elle.
Voir son profilMiettou
14 janvier 2009 | lien
Loony a écrit:
"Je parle au nom de ceux qui se retrouve dans ce discours"

Pardon, j'ai cru comprendre que vous aviez déja pleine de copains qui partagait vos idées.


Oui nous sommes un certain nombre, et ne sommes pas forcément amis.
Mais cela est accessoire. Un vrai débat porte sur les idées, pas sur les porteurs de ces idées.
Voir son profilMiettou
14 janvier 2009 | lien
Jeuf a écrit:
Citation:
Qu'a t'on à faire de connaitre les bonnes âmes charitable de Napoléon et de Roosevelt ? Ce post pue la croyance mystique en l'existence de "bon" et de "mauvais" dirigeants.


Je ne crois pas qu'il soit prétendu quelque chose de ce genre pour Napoléon III. C'est assez flou dans sa vie et dans le post de compte-rendu qui ne fait que donner des éléments épars et d'ailleurs contradictoires.

Le petit détour sur Roosevelt serviat simplement à rappeller que lutter contre les inégalités, en instaurant un revenu maximum, ça entre dans le champ des possibles, pour la bonne et excellente raison que ça a été fait.

Je pense qu'il importe de faire un peu d'histoire de temps en temps. De ne pas oublier. Beaucoup d'élèves pensent que ça ne sert à rien...rien de "productif" surement...
J'ai eu récemment cette idée, en me représentant un monde où 'il n'y a aucune éducation à l'histoire : alors rien , absolument rien, ne permettrait aux enfants de ne pas s'imaginer, par exemple, que le monde dans lequel nous sommes, caractérisé notament par les nombreux système techniques qui nous entourent, ne soit pas là de tout temps...



Citation:
Blamer Sarko de ne pas se donner la peine de faire de même, c'est revendiquer un paternalisme aliénant, aux antipodes de l'émancipation réelle.

Peut-être l'auteur de ce compte-rendu voulait-il donner une image forte, en quelques mots rapides, et en faisant semblant d'ignorer d'autres positions plus avant-gardistes qu'il connait quand même mais qu'on ne peut se permettre de dévelloper à chaque fois. Voir ses autres posts...
notament, il pourrait connaître celle-ci :
Citation:
Réduire le contenu de cette action anti-pub à de simples données chiffrée - exhibée fièrement comme garantie scientifique du bien fondée de l'action - démontre bien que la logique du capital (en l'occurrence son règne du quantifiable et de l'échangeable) continue à régenter les raisonnements de ceux qui prétendent être ses ennemis

et il me semble bien plutôt que les chiffres donnés, et les états d'avancement des indicateurs qualité, sont mis là avec un sérieux ironique...

Autre élément de critique connu :
Citation:
Vous êtes les partisans de la fausse contestation, dans laquelle la société marchande et le pouvoir hiérarchisée trouvent une garantie supplémentaire de leur pérennisation.

voir par là : http://www.bap.propagande.org/modules.php?name=Forums&file=viewtopic&p=28139


Citation:
Citation:
Les adversaires de Staline ont joué d’autres rôles. Ils ont été contraints de le faire, parfois même de dénoncer les méfaits de Staline. C’était leur arme dans la lutte qu’ils menaient. Faible peut-être, mais arme quand même et non vertu naturelle.



(Bien sûr, vous pouvez remplacer dans cette phrase sans mal « Staline » par « Sarkozy » ou « système industriel » ou ce que vous voulez)


Bon, pour finir, je dirai qu'on nage tous dans les contradictions,
Ainsi, vous faites partie de
Citation:
ceux qui souhaitent une émancipation totale de l'humain.

ce qui est sûrement plein de bonnes intentions (si on suppose qu'il existe quelque chose comme le "bien")
et d'un autre côté vous reniez le droit de de personnages historiques d'avoir été pourvus aux aussi de bonnes intentions! ou du moins s'ils en avaient de ne pas s'y être pris de façon convenable ( j'espère ne pas mal interpréter votre propos )


Effectivement, l'étude de l'histoire est une activité indispensable. Encore faut-il cerner de quelle histoire nous parlons.
Si le système de formatage scolaire distille son histoire officielle, qui est l'histoire des maîtres (et non celle des esclaves, qui seuls font véritablement l'histoire, contre leur gré), notre histoire ne doit pas se réduire à celle des opprimés. Elle doit non seulement élargir son champ à la lutte historique entre oppresseurs et oppressés, mais également mettre en avant les moments de dépassement de cette lutte, lorsque l'esprit révolutionnaire a triomphé des diverses aliénations marchandes ou mystiques, et mise en pratique la radicalité des masses.

Dans cette optique, les références à des moments historiques gagneraient en pertinence, en "images fortes", si au lieu de Napoléon III ou Roosevelt, elles remémoraient les expériences révolutionnaires de la Commune 71, de l'Aragon 36, de Budapest 56... Ce sont dans ces moments, bien plus qu'en période de paix sociale, que le champ des possibles s'est véritablement élargi au point de dépasser la vieille dialectique de la lutte de classe. Ce sont ces moments qui furent véritablement désirables, authentiquement vécus, et plein de perspectives réjouissantes. A côté les tentatives de Roosevelt de nuancer les inégalités de richesses, à rendre plus supportable la violence des rapports sociaux, semblent bien pales, voire sont carrément révoltantes !

Je n'accuse pas les anciens maîtres (ni nos contemporains d'ailleurs) de ne pas avoir eus de bonnes intentions, ni même de les avoir mal mise en pratique ; je dis simplement que cela n'a finalement aucune importance dans le sens où seule la classe des opprimés possède la capacité de renverser réellement le cours de l'histoire. Toute tentative de la part des dominants d'améliorer le sort des dominés ne peut qu'être issu de la volonté de garantir l'existence de la domination. C'est en ce sens que faire référence à la volonté de ces personnages historiques, c'est faire le jeu du pouvoir, c'est entretenir son auto-mystification, c'est alimenter son processus de travestissement de la réalité.

Bien à vous
Voir son profilJeuf
14 janvier 2009 | lien
Citation:
c'est alimenter son processus de travestissement de la réalité.

La réalité présente des faits, et le mettre en phrases qui en révèlent la "vérité"n'a rien d'une évidence. Par exemple ces propos :

Citation:
Si le système de formatage scolaire distille son histoire officielle, qui est l'histoire des maîtres (et non celle des esclaves, qui seuls font véritablement l'histoire, contre leur gré), notre histoire ne doit pas se réduire à celle des opprimés


Citation:
Ce sont ces moments qui furent véritablement désirables, authentiquement vécus, et plein de perspectives réjouissantes


Citation:
seule la classe des opprimés possède la capacité de renverser réellement le cours de l'histoire.


Citation:
Toute tentative de la part des dominants d'améliorer le sort des dominés ne peut qu'être issu de la volonté de garantir l'existence de la domination


Cela relève pour moi d'une lecture idéologique (notament de classer les gens entre opprimés et oppresseurs. Car si cette disctinction existe vraiment dans la réalité, je ne sais pas personnellement si je suis oppresseur ou opprimé.
Peut-être je dis ça pour me défausser car je suis moi-même un oppresseur?), suivant une certaine façon de voir les choses, je ne saurai les prendre comme tel (et mystery non plus je pense)


Effectivement, il y a des périodes peu connues "d'ouverture des champ des possibles". Je me souviens d'information sur la Tchécoslovaquie en 1968...
Peut-être Mystery en trouvera-t-il une adaptée un jour, dans le cadre de ses compte-rendus.
Voir son profilMiettou
23 janvier 2009 | lien  [X]
Jeuf a écrit:
Citation:
c'est alimenter son processus de travestissement de la réalité.

La réalité présente des faits, et le mettre en phrases qui en révèlent la "vérité"n'a rien d'une évidence. Par exemple ces propos : [...]

Cela relève pour moi d'une lecture idéologique (notament de classer les gens entre opprimés et oppresseurs. Car si cette disctinction existe vraiment dans la réalité, je ne sais pas personnellement si je suis oppresseur ou opprimé.
Peut-être je dis ça pour me défausser car je suis moi-même un oppresseur?), suivant une certaine façon de voir les choses, je ne saurai les prendre comme tel (et mystery non plus je pense)


Je ne sais si tout cela relève d'une lecture "idéologique". C'est en tout cas une vision de l'histoire fortement influencée par les théories hégéliennes et certains de ces épigones, basée sur la dialectique. Elle n'a d'autre objectif que la compréhension de l'aliénation présente.

Pour en revenir aux citations :

Citation:
Si le système de formatage scolaire distille son histoire officielle, qui est l'histoire des maîtres (et non celle des esclaves, qui seuls font véritablement l'histoire, contre leur gré), notre histoire ne doit pas se réduire à celle des opprimés


Premier exemple caractéristique de l'influence d'Hegel. Thèse, antithèse, synthèse (ou dépassement). L'histoire est avant tout le mouvement d'émancipation de l'humain : dans un premier temps il tente de se libérer des contraintes de la nature en développant la technique et en s'organisant, il se donne des chefs qui permettent de répondre efficacement à la précarité de sa situation. Dans un second temps, il tente de se défaire des contraintes exercées par cette même organisation sociale hiérarchisée (qui a permis à l'humain sa première étape émancipatrice vis-à-vis de la nature). L'histoire devient alors la lutte entre les différentes classes sociales qui composent cette organisation, la fameuse lutte des classes entre ceux qui possèdent la technique (les moyens de production) et ceux qui y sont enchainés.

Notre société moderne tire ses origines de la victoire de la bourgeoisie dans la lutte qui l'a opposé à l'aristocratie, et dont la révolution française est l'épisode le plus célèbre. Avec cette victoire, la bourgeoisie a détruit l'unité mystique qui fondait la cohérence de la société féodale. La place de chacun n'est plus déterminée par son rôle dans la grande équation divine, mais par son rôle dans les rapports de production. Par conséquent les modes de gouvernement ont changé, et avec eux les justifications du pouvoir pour légitimer son existence. On est passé de la domination brute justifiée par l'ordre divin, à l'exploitation justifiée par des nécessités économiques qui s'imposent (soi-disant) objectivement à la société.
Puis sous la pression de la lutte des classes (qui n'a pas réussi à aboutir à un renversement de la classe possédante et à l'autodissolution du prolétariat) les conditions de vie des prolétaires se sont amélioré jusqu'à leur donner accès à une consommation de masse. C'est notre société moderne, celle que ses partisans nomment "la société de consommation", mais que ses ennemis appellent "société du spectacle" ou "monde de la marchandise".

Effectivement, il apparait aujourd'hui absurde de conserver dans la critique révolutionnaire moderne le manichéisme exploités/exploiteurs (et son utilisation de ma part illustre un manque de rigueur dans mon raisonnement) puisque nous tendons tous, des moins fortunés aux plus fortunés, à nous soumettre aux mêmes contraintes objectivées de l'économie, à devenir les organisateurs de notre propre misère existentielle, de notre propre aliénation. Nous ne sommes plus finalement que des zombies qui alimentent leur propre mort.

Citation:
seule la classe des opprimés possède la capacité de renverser réellement le cours de l'histoire.


Là encore petite erreur de raisonnement (certainement issu de mes origines politiques gauchistes). Sous le règne du capitalisme moderne, le prolétariat ne peut plus se définir comme une classe exploitée par une autre, mais exploitée par elle-même. "Est prolétaire toute personne qui n'a aucun contrôle sur sa vie, et qui le sait". Nous luttons beaucoup moins contre une classe possédante (qui continue d'exister quoiqu'il en soit) mais contre un ensemble de rapports sociaux, contre - ce qui peut apparaître une abstraction - une organisation sociale qui s'est autonomisée. Et l'histoire - qui est, je le rappelle, le mouvement d'émancipation de l'humain - ne pourra continuer son mouvement que sous l'action révolutionnaire de ce nouveau prolétariat.

Citation:
Ce sont ces moments qui furent véritablement désirables, authentiquement vécus, et plein de perspectives réjouissantes

Face à une organisation sociale qui stérilise l'existence, qui "réduit la vie au consommable", le projet révolutionnaire ne peut être porté que par la volonté de se défaire de l'aliénation et par la recherche d'une existence librement construite, authentiquement vécue. Et c'est d'ailleurs la signification réel de toutes les révoltes et révolution de l'histoire. Quiconque a déjà participé à la plus petite des émeutes l'a senti et le sait.

Citation:
Toute tentative de la part des dominants d'améliorer le sort des dominés ne peut qu'être issu de la volonté de garantir l'existence de la domination
.
L'existence du pouvoir hiérarchisé est injustifiable, il le sait. Et ceux qui sont soumis à son autorité, le savent aussi, sinon le ressentent. Les innombrables révoltes qui ont lieu au cours de l'histoire le montrent. Pour se légitimer, il a toujours été contraint de travestir la réalité, d'imposer sa propre rationalité, faisant tantôt appel au mythe religieux, tantôt à l'idéologie. Il n'a d'autre objectif que d'assurer sa pérennité et tout ce qu'il entreprend ne peut aller que dans ce sens, de ses politiques sociales jusqu'à la plus féroce répression.

Citation:
Effectivement, il y a des périodes peu connues "d'ouverture des champ des possibles". Je me souviens d'information sur la Tchécoslovaquie en 1968...
Peut-être Mystery en trouvera-t-il une adaptée un jour, dans le cadre de ses compte-rendus.

Il serait préférable que ce soient les actions dont ses compte-rendus font l'objet qui entrent dans le cadre d'une période d'ouverture des possibles. A défaut ça ne reste que de la branlette militante.

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14 février: "Dans la boîte" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

14 décembre: 1 photo ajoutée dans Détournements.

1er juillet: 1 photo ajoutée dans Métro.

1er juillet: "Couloir piégé" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

13 mai: 2 photos ajoutées dans Mobiliers urbains.

6 mai: "Ici, un arbre" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

3 mai: "Pas de pub, des arbres ! Les anti-pub sur le periph" à télécharger dans la catégorie Vidéos.

10 juin: Le Publiphobe n°114 est disponible.



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