|
Question cruciale
"How to spend it." en français : Comment le dépenser.
C'est ce qu'affichent des publicités illégales faites de deux cartons agrafés autour d'un poteau. Encore une fois ce satané street marketing qui pollue nos rues. Je regarde de plus prêt : Financial Times !
Ah bon, au temps pour moi. C'est simplement une pub pour un magazine destiné à ceux qui ont de l'argent, beaucoup d'argent et qui ne savent pas quoi en faire. Recourir à la publicité illégales pour les aider, c'est quand même qu'ils doivent aller mal !
J'imagine leurs plaintes :
"Marre des 4x4 énormes, maintenant tous le monde en a, des week-end au Maroc en babouches, des terrains de golfs où on se crâme au soleil, des écrans plat devant lesquels on roupille en 10 minutes, et puis, je ne vais pas m'acheter un avion, j'ai peur en avion. Bien-sûr il y a la politique, mais avec ces crétins qui votent NON à la libre circulations de mes capitaux ça vaut pas le coup, ou le travail mais en trois clics je gagne plus qu'un smicard durant toute sa vie. Non, y'a pas à dire, quand on a des thunes, on se fait chier."
Ils vont sans doute bientôt créer le RA, Riche Anonyme pour aider ceux qui comme eux ont perdus le goût de vivre à cause d'une trop grande richesse financière.
D'un point de vue sociologique, c'est quand même assez énorme. Cela reflète bien la frustration et l'idiotie du système capitaliste. On en arrive à des gens qui ont de l'argent et qui ne savent pas quoi en faire. Eh oui, bourré de fric ou pas, on se fait chier pareil en croyant dans le système capitaliste. La possession n'a jamais rendu l'homme ou la femme plus heureux, juste plus avide.
Le problème, et là où cela devient scandaleux, c'est le minimum. Certains ne savent pas comment dépenser leurs millions pendant que d'autres meurent de faim : "2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, ont moins de deux dollars par jour pour vivre" (rapport de la banque mondial 2000-2001)
C'est en cela qu'il faut détruire le système capitaliste ou le limité en instaurant par exemple le RMA (Revenu Maximum Acceptable) et autre limite de capitalisation pour qu'à défaut de beaucoup pour certains il y est un minimum pour tous.
Le désarroi des lecteurs du "FT" (prononcez FTi) est une raison de militer pour la décroissance.
| Tassie-devil a écrit: | | Eh oui, bourré de fric ou pas, on se fait chier pareil en croyant dans le système capitaliste. |
C'est dans une bande de Reiser qu'un gars désabusé disait : "J'ai fait du jogging, du canyoning, du rafting, du sky-diving... mais je m'emmerding toujours autant !"
|