"Il arrive que le téléspectateur profite d'une pause publicitaire pour aller au petit coin. Cette pratique est tout à fait tolérable, dans la mesure où on n'en abuse pas, mais lorsqu'on évite systématiquement les pubs, ça devient inacceptable! De zapper (ou d'aller trop souvent pisser) lorsque passent des pubs fait de vous un voleur!"
- Jamie Kellner, PDG de la Turner Broadcasting System Inc., filiale d'AOL Time Warner
Forum - Mondialisation
Mon CR action faucheurs volontaires 5/09/04
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6 septembre 2004 | lien
Voici mon compte rendu perso sur la journée de fauchage à Auch du dimanche 5 septembre.

Nous sommes arrivés sur le site où se trouve la parcelle OGM aux alentours de 17h. Nous étions très nombreux (il semblerait que 200 voitures soient comptées, ce qui nous compte aux alentour de 600/800).

La marche vers le champs était d'environ 800m, nous étions avec Bugin et d'autres antipubs montpellierains dans les premiers rangs, et hônetement, en me retournant je ne voyais pas la fin de la file. On y trouvait tous les âges, apparement les gens étaient venus agir en famillle.

Un hélicoptère survolait notre marche, et quelques Gendarmes disposés avant l'entrée du site nous comptaient. Certains d'entre nous ont fait des signes de main à l'hélicoptère, histoire de lui faire coucou.

Le site était protégé par des barrières sur un périmètre de 50m autour du champ, avec dedans d'autres barrières de sécurité et plusieurs camions militaires et fourgonnettes de la gendarmerie, énormément de CRS en tenue Robocop, signe qu'ils étaient pas là pour rigoler. Autre signe, les pompiers étaient aussi présent sur le site, éloignés, en retrait. Au vu de tout les moyens déployés, on a vite compris que le député du Gers n'était pas vraiment quelqu'un de primesautier.

Bon cependant, on allait pas se laisser démonter par tant, nous sommes rentrés sur le site en déplacant les premieres barrières de sécurités, levant les mains bien haut devant les CRS pour leur montrer notre pacifité. (respectant ainsi les consignes d'action donné par José Bové). On avance, sans violence, on pousse, on avance vers le champs, on y croit on vas y arriver, ils reculent.....
L'hélicoptère nous observe toujours.

Pfok, enfin, j'entend une sorte de bruit comme ça, un bruit sourd de quelques choses qui tombe, puis d'un coup je vois d'autres objets tomber partout autour de moi dans le champ, pfok , pfok, pfok.
Puis détonnation, mon oreille siffle, j'entend mal, de la fumée lacrymogène s'étend partout autour de moi. Pas question de reculer pour le moment, je met mon tshirt devant la bouche et essaye de continuer à avancer vers le champ OGM.
Je perd Bugin, je me rapproche vers d'autres gens, on y vois rien avec cette fumée...
Mes poumons crâment, ma gorge brûle, mes yeux explosent, pfok pfok pfok, les grenades continuent de tomber, j'essais de voir d'où ça vient, car elles me frôlent drôlement ces grenades, devant moi des mecs se font embarqués, je respire plus, il faut que je sorte.
Je fais demi tour et tente de sortir le plus vite possible, je respire très mal, j'ai littéralement l'impression que je vais cracher mes poumons...

D'un seul coup une douleur me prend dans le genou, je viens de me prendre une grenade lacrymo dessus, il semble qu'ils les envoient avec des lances grenades, mon voisin à moins de chance, il se la prend dans la gueule. Même lorsque l'on fait demi-tour, ils continuent à nous tirer dessus.

Une fois sorti dans un endroit plus à l'écart, je tente de reprendre mon souffle, j'essuie la morve qui coule de mon nez, c'est très difficile de reprendre son souffle. Un gamin d'environ 12 ans, les yeux rouges me propose de l'eau, je peux même pas lui répondre.

Et là je me retourne, et je comprend d'où viennent ces grenades....
L'helicoptère, c'est lui qui nous canarde...
Je vois ce que j'appelerais une sorte de petit missile sortir et se fragmenter
dans l'air, les fragments se dirigeant vers les gens venus faucher, lachant des lacrymos.
Sans déconner, on se croirait dans Apocalyspe now....
Ils emploient un hélicoptère pour nous tirer dessus en tir tendu !!! Pour tirer sur une foule comprenant des gosses!! Pour protéger une parcelle de champ qui est presque plus petite que le jardin de mon père!!! Mais y'a quoi dans ce champ? De l'or? Du pétrole?

Beaucoup ont fait comme moi et se sont repliés, la situation se calme.
Nous nous retrouvons peu à peu devant les barrières, on respire, les CRS sont devant nous, froid comme des machines.
Je remarque une dizaine de personnes marquées par les éclast des grenades.
Je me dis que j'ai de la chance de ne pas en avoir pris une sur le coin de la gueule.
On réclame la libération des 7 interpellés, ils sont libéré un par un durant la fin de l'après midi.
L'un d'eux d'ailleurs nous amuse beaucoup en refusant de sortir, et de courrir vers le champ au nez et à la barbe des militaires ! 2 gendarmes se croutent bien en voulant plonger pour l'attraper.
Bref, il est attrapé, gardé une heure puis relaché.

A un moment, les gens font du bruit, gueulent devant les gardes mobiles et commencent à secouer les barrières, les CRS devaient très certainement tendu car ils ont cédé à la panique, j'ai entendu "Grenade, Grenade", mon premier réflexe fut de fuir, ne voulant pas réediter l'expérience passée. Heureusement que ce ne fut pas celui de Bugin, repérant une fillette qui était tombée, il la prise avec lui pour la sortir de ce cauchemar. Ça mérite d'être salué.
Pendant ce temps là, les CRS continuent de nous tirer dessus au lance-grenade, alors que l'on fuit.
La chasse au lapin? Vous connaissez?

Bilan de la journée, 60 blessés dont 4 en hospitalisation.
2 blessés coté CRS, ils se sont blessé entre eux en plus ces cons.
Si les journaux vous parle d'affrontements, ne les croyez pas, on n'a rien affronté du tout, mais putain, par contre qu'est-ce qu'on à pris.
Voir son profilAitienne
6 septembre 2004 | lien
effectivement les journaux televisés parlaient d'affrontement... Ils parlaient aussi de 200 représentants des forces de l'ordre pour 800 manifestants.

On voyait des mecs avancer sur les barrières et se faire secouer par les CRS, on en a vu un ou 2 voler litéralement, propulsés par les bras musclés et harnachés.

Ce qui était dommage c'est que la seule intervention d'un militant qu'on ait vu c'était un gars qui disait "tout ca pour une transnationale..." : comme si le francais qui regardait TF1 savait ce qu'est une transnationale...

Par contre, la seule intervention qu'on ait vu d'un flic c'était "vous devriez avoir honte de mettre les femmes et les enfants devant, ca n'est pas très responsable"

L'idée qui ressortait du reportage est qu'une bande de casseurs a essayé de saccager l'outil de production d'une bonne entreprise qui ne veut que notre bonheur (qui a dit "bien sûr!" ?)

félicitations pour votre action.

Petit calcul pratique :

200 CRS pendant une journée, ca représente a peu près 40 000€ de salaire.
je rajoute quelques milliers d'euros pour l'hélicoptère et la logistique, et quelques dizaines d'heures de préparation, ca doit faire dans les 50000€ pour la République.

Ya de quoi le payer 10 fois le champ ! et tout ca pour servir de milice privée à Monsato
Voir son profilBug-in
6 septembre 2004 | lien
Pour ma part j'ai témoingé sur indy, j'ignorai que un post avait commencé ici, bien que nous en ayons discuté.

http://paris.indymedia.org/article_propose.php3?id_article=25414
donne cela.

"Auch le fauchage tourne à la boucherie"

Témoignage de la haute violence réppréssive contre la tentative de fauchage d'un champs minuscule

Alors voila, en ce qui nous concerne, nous étions venu de Montpellier à 9, parmis nous il y avait confondu, des membres du CROAC (Collectif de Résistance et d'Offensive Anti Capitaliste), des Antipubs et des Décroissants. Arrivé sur place vers 12h. Réunion collective de préparation, pendant laquelle absolument tout le monde ignore la violence qui va suivre, puisque les autres fauchage s'étaient trés bien passé, sans violence. José Bové, conseille au femmes de passer devant afin de montrer qu'elles aussi sont en lutte, et qu'elle puisses arracher de l'ogm, on conseille même de leur faire une allé d'honneur jusqu'au OGM et ont demande a ceux qui ont déjà fauché les autres fois de laisser l'honneur de le faire au nouveaux car le champs n'est pas grand et que pour les 800 que nous étions il était clair que tout le monde ne pouvais pas faucher. Sur ceux, nous partons, j'était même un peut déçu, me disant, bon ça va prendre que 5 a 10 minutes sur place, alors que nous aurons rouler en tout 6h30 pour l'aller retour Auch Montpellier... Nous arrivons sur un grand terrain. Au loin on apperçois les barrières, gardé par les CRS qui entoure non pas le champs d'OGM mais bien plus que ce dernier (avec le désacord du maire de la ville qui avait fait passé un arrété antiogm !) Et encore derrière cette barrière une nouvelle barrière elle même a 50 mètre autour du champs, elle aussi gardé par les CRS mais pas seulement, il y avait des véhicules de l'armée. Ce que nous pensions c'était que commes les autres fois on avancerai vers les CRS, ils se conteraient de nous bloquer, qu'il faudrait pousser un peut mais sans plus pour atteindre la parcelle et faucher le champs volontairement et qu'il nous convoqueraient tous ensuite à la gendarmerie. Ce ne fut pas le cas et loin de la. Et les informations donné par les médias sont loin de la réalité sur place (et pourtant ils étaient la, mais pas dans l'action). La tête de cortège arrive au niveau des barrières, sans attendre que le reste du groupe soit entièrement arrivé, ils attrappent les barrières et les tires vers eux, créant une ouverture. Nous aussi en tête, nous avançons dans la 1ere strate, mais toujours LOIN, TRES LOIN du champs d'OGM, nous avaçons bras levée en l'air, nous étions venu non-violent, parmis nous, femmes, enfants, vieux, familles complètes, nous n'étions pas un black block c'était clair. Nous avançions avec pour horisons et objectif la seconde barrière de CRS. Les 1er CRS qui était derrières les 1ères barrières après l'ouverture des barrières ont tout de suite reculé, et soudainement, sans sommation et alors que rien ne le justifie puisqu'il n'y a eu AUCUNE VIOLENCE DE NOTRE PART, nous avons reçu la 1ère lacrymogène, au début, je me suis dit, bon ok, c bon, c juste pour nous impressionner ou nous ralentir, alors je l'ai contournée et je continuer a avancer, et la on a reçu encore 2 ou 3 lacrymogène... tout a tir tendu et il y eu les 1er bléssés. Sur le coup j'ai pas tout compris, j'ai tenté rapidement de voir a quel point il était bléssé (j'ai un diplôme de secouriste), ça allais, ça saignait mais rien de grâve apparament pour ceux la. Déterminée a faucher de l'OGM, nous continuons d'avancer. Et c'est la qu'est arrivé l'inimaginable (pas dit aux média ! ! ! !). Un hélicoptère présent depuis le début, mais que nous croyons venu pour filmer ou observer commence a nous lancée des explosifs a frangmentation. Ces objets tombe du ciel, explose en l'air, ce scinde en 3 partie brulante et tombe sur le sol. Pendant que dans le même temps on nous lance des lacrymogènes et des engins qui explose en touchant le sol, non identifié. QUand je parle d'explosif et d'explosion il n'y avait pas de flamme, mais par contre il y avait réellement explosion, les champs de blé que nous traversions pour éviter ces charges en témoigne, et les 60 bléssés comptabilisé par les pompiers sur place aussi (chiffre baissé à 4 quand France Info parle de ce fauchage) dont 4 iront à l'hopital pour blessure grave, parmi les 4 deux CRS et deux faucheurs volontaire. ON notera que les CRS se sont fait mal eux même ! NOUS ne pouvions pas les atteindres, il étaient trop loin, leur conneries d'explosif a du leur explosé dans les mains. Pour ma part, alors que je me rendais compte que devant nous étions plus q'une poignée et que ces tirs d'hélico, ça fouttait vraiment les boules, avec les autres nous reculons en courant pour essayer d'atteindre une distance suffisante, MAIS les tirs était derrières nous certes... mais aussi devant, l'hélico faisait des rasages ! NOus nous en sommes sorti, je ne sais encore comment. IL y eu un long temps de vide, nous nous regardions tous les uns les autres, cpmplètement ahuris, les visages a moitié décomposé par l'incompréhension et la fatigue. Notre nombre diminue d'environs 200 ou 300, mais d'autres continué d'arrivé. On s'organisa a distance, on se réuni et on repartie vers cette rangée de CRS que nous avions put atteindre, l'hélico ayant du partir (probablement plus d'essence, il était la depuis plus d'une heure), cette fois, on ne nous tira pas dessus. On arrive sur place, on demande la libération de qqun (dont José Bové) qui se sont déjà fait embarqué et nous les empêchons de partir avec eux (on se jette sur les véhicules, on les bloques avec leur propres barrières...). Ils sont contraint de les gardé sur place et les ont cependant intérrogé dans la plus grande illégalité, c'est a dire sans avocats. Parmis les prisonnier, un au momment de sa libération, alors qu'il retournait vers nous, FINTE ! et réussi a courrir vers le champs d'OGM car il était a ce momment derrière les barrières des CRS censé entouré le champs. IL se fait poursuivre par 8 CRS dont certains tombe en le poursuivant, par leur propre incompétence. Il réussi a rentrée dans le champs d'OGM, tellement grand que nous ne voyons plus rien, évidement il sera attrapé plus tard et relaché encore mais cette fois ci sévèrement accompagné jusqu'a nous. C'est le seul qui a réussi a rentrée dans le champs d'OGM. Nous nous méttons alors a poussé un peut les barrières, il faut bien qu'on les enlèves ces OGM ! certain monte sur les barrières et se font sévèrement bléssé par les CRS a coup de matraques. La situations n'avancera pas plus vers le champs, les CRS pris de paniques pour rien, balance a nouveau des lacrymogènes et l'hélico et a nouveau présent mais ne tire pas (ou ne bombarde pas comme vous voulez). ON fuit comme on peut en arrière. Alors que je fuyais j'aperçois, une mère accompagné de ces deux enfants une d'environs 8 ans et l'autre de 12 ans. La petite fille, ne pouvais plus marcher, la fatigue et la peur certainement, j'ai du la transporté sur mon dos, suivi par sa mère et son autre fille jusqu'a ce que nous soyons suffisament loin. Je ne veux plus jamais revivre une telle chose. Ces CRS et leurs armée ont délibérément tiré sur des familles, sur des enfants, au risque de les tués, ils savaient qu'il était la, et parmi ceux matraqué il y avait beaucoup de vieux, des personnes qui n'avait visiblement pas la force de se défendre, juste venu pour marché et enlever ces OGMs. SI on le refait je reviendrai quand même, et je crois que cette fois ci tout le monde apportera son matériel photographique même au risque de les perdrent, pour avoir la preuve hallucinante de la chose. C'était Apocalypse Now, c'était le VIet Nam ? NOn pas loin, ct les faucheurs d'OGM volontaire a AUCH ! vraiment incroyable. Nous appriment plus tard que le préfet qui avait donné l'ordre et l'autorisation de cette barbarie et qui n'y est pas pour rien donc dans les 60 bléssés physique et les non comptabilisé bléssé émotionnel, comme cette petite fille totalement appeuré que je me suis retrouvé a transporter sur mon dos. Nous imaginons que les OGM seront fauché évidement clandestinement prochainement, malgré une probable garde continue (comme a cournon) de la parcelle. APrès l'actions nous avions tous rendez vous au commissériat d' a côté, nous voulions tous témoigné (a 600 personnes donc) pour les 3 personnes encore gardé (dont José Bové) dans ce commissériat (ils les ont embarqué par un autre chemin, nous n'avons pas pus les empécher). Vu notre nombre a 21h30 et quelque devant cette mairie ils les ont relaché avec vitesse.

La lutte continuera. La seule chose qu'a réussi pour ma part a me faire voir l'armée, c'est connaitre une violence aveugle et hallucinante, faire monter une rage que je m'ignorai (bien que contenu), pour avoir tiré alors que des enfants était la, et l'envie encore plus justifié de retirer des OGM. Par ailleurs j'ai vécu (mais c moins surprenant) la désinformation des médias, pourtant présent sur place... mais visiblement il y a certaines choses qu'il n'ont pas pu ou voulu dire.
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6 septembre 2004 | lien
J'ai l'impression que la répression s'intensifie au fur et à mesure des fauchages. Ayant participé à celui de Menville en juillet dernier, je me rends compte que c'était de la rigolade par rapport à ce que vous venez d'expérimenter. Cela prouve bien, s'il en était encore besoin, que les OGM puent du cul à tous les niveaux et sont synonymes d'une société policière et militaire, au même titre que le nucléaire.

No pasaran, les esclaves modernes consentants de Babylone !!!

Mad
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6 septembre 2004 | lien
Compte rendu agence de presse :

Citation:
dimanche 5 septembre 2004, 21h48
Gers: les "faucheurs volontaires" se heurtent aux gendarmes

SOLOMIAC, Gers (AP) - Dure journée pour les militants anti-OGM venus dans le Gers dimanche pour faire acte de "désobéissance civile" en fauchant deux parcelles de maïs transgénique. Mais les forces de l'ordre ne l'ont pas entendu de cette oreille, interpellant 11 personnes, dont José Bové, finalement relâché, et empêchant l'action organisée par le collectif des "faucheurs volontaires".

L'affrontement à Solomiac a fait deux blessés légers parmi les participants, selon la préfecture, et plusieurs dizaines de personnes incommodées par les gaz lacrymogènes. Sur les 11 personnes interpellées, huit, restées sur les lieux même de leur interpellation ont été relâchées en fin d'après midi, sous les applaudissements des militants, selon Me François Roux, l'un des avocats de José Bové.

José Bové et deux militants de la Confédération paysanne, entendus comme témoins à la gendarmerie de Mauvezin, ont finalement été relâchés vers 20h.

Les trois participants à la tentative de fauchage, dont Me François Roux avait initialement annoncé qu'il avaient été placés en garde à vue à la gendarmerie de Gimont, avaient été en fait relâchés après leur interpellation.

"On a vu ce soir de quel côté était la violence. Notre combat continuera. Il y actuellement en France 2.500 communes qui refusent l'implantation d'OGM sur leur territoire. On est dans un véritable déni de la démocratie", a accusé Jean-Emile Sanchez, secrétaire général de la Confédération paysanne, présent dans l'action.

"Les OGM n'ont pour but que de placer les exploitants agricoles dans la dépendance des multinationales semencières car chaque année l'agriculteur sera obligé de leur racheter des semis pour la nouvelle production", a-t-il rappelé.

C'est vers 16h30 que 600 à 700 personnes selon les organisateurs, un millier selon la préfecture, ont marché vers un pré de Solomiac où se situaient deux parcelles de maïs OGM dans le but de les faucher.

Après avoir franchi aisément une petite rangée de forces de l'ordre, les militants, venus pacifiquement avec de nombreux enfants, se sont retrouvés face à des barrières et plusieurs rangées de gendarmes mobiles qui, sur les ordres du préfet du Gers, les ont faire reculer à coups de gaz irritants et grenades sonores. Un hélicoptère, qui survolait la scène, participait aux tirs selon de nombreux témoins. Seuls quelques plants de maïs ont finalement été arrachés.

Les militants s'étaient d'abord retrouvés à Auch vers 14h où ont eu lieu des prises de parole du militant altermondialiste José Bové, Jean-Emile Sanchez, l'eurodéputé Vert Alain Lipietz, Alain Krivine de la LCR et d'autres élus de toute la France.

"La désobéissance civile est un acte désintéressé, parce qu'il défend l'intérêt général, et un acte collectif", a rappelé José Bové, appelant les manifestants à se dénoncer par voie de presse par la suite s'ils n'étaient pas convoqués par la justice.

"Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous le faisons. C'est un acte ultime car nous avons épuisé tous les recours législatifs (contre les OGM, NDLR). Nous allons commettre une infraction, mais c'est pour aider à construire un monde libre, sans OGM", a-t-il souligné.

"Nos adversaires, ce sont les OGM et pas les gendarmes! Ceux qui ont le sang chaud, ne vous mettez pas au premier rang", avait également averti José Bové en demandant à ce "qu'aucun coup ne vienne des manifestants". Après les conseils juridiques en cas de garde à vue, fournis par Me Roux, les volontaires s'étaient rendus en convoi, suivis de près par les gendarmes placés en grand nombre sur la route et à bord d'un hélicoptère.


il est pas mal ce compte rendu (à part le nombre de blessés qui reste flou). dommage que les autres médias n'aient pas la meme facon d etraiter l'information.
Voir son profilAitienne
6 septembre 2004 | lien
aitienne a écrit:
600 à 700 personnes selon les organisateurs, un millier selon la préfecture


bien la première fois que l'écart de comptage se fait dans ce sens : bien la preuve que la préfecture souhaite maximiser l'ampleur de l'"agression"

Pour lui dire tout le bien que vous pensez de son action :
PREFET : Jean-Michel FROMION
COORDONNEES 3, Place du Préfet Claude Erignac – B.P. 322 32007 –
AUCH CEDEX
Tél. 05.62.61.44.00 – FAX 05.62.05.47.78
courriel : pref32@gers.pref.gouv.fr


Si vous préférez vous adresser directement aux services préfectoraux et apporter un peu de démocratie participative dans les bureaux :

Directeur des "libertés publiques et des collectivités locales" : Gérard GARROS

Mediateur de la République

Le médiateur de la République est saisi des litiges qui opposent soit une personne physique, soit depuis peu, une personne morale à tout organisme investi d’une mission de service public, qu’il s’agisse d’une administration de l’Etat, de collectivités publiques territoriales, d’établissements publics ou autres.
Les litiges résultent soit d’un fonctionnement défectueux de l’organisme (erreur, négligence, retard…), soit d’une application légale mais qui se révèle inéquitable pour le citoyen des textes législatifs ou réglementaires.
Le plaignant qui souhaite soumettre sa réclamation au médiateur doit au préalable s’adresser à un parlementaire qui transmettra son dossier.
Si la réclamation lui paraît justifiée, le médiateur peut faire des recommandations de nature à régler les difficultés dont il a été saisi que des propositions de réforme pour améliorer le fonctionnement général de l’organisme en cause. Il dispose, dans chaque préfecture, d’un délégué départemental qui conseille les administrés pour la constitution de leur dossier et tente de régler personnellement les difficultés dont il est saisi.

MEDIATEUR Mme Christiane GRECH - Tél : 05.62.61.44.10
COORDONNEES 3, Place du Préfet Claude Erignac – B.P. 322
32007 AUCH CEDEX
Tél. 05.62.61.44.00 – FAX 05.62.05.47.78

http://www.gers.pref.gouv.fr/
Sur le site de la pref, les coordonnées mail de tout ce petit monde.
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6 septembre 2004 | lien
Une dernière info pour la route :

VOS RELATIONS AVEC L'ADMINISTRATION

Afin de promouvoir l'image d'un Etat plus accessible et de faire en sorte que le secrétariat d'Etat à la Réforme de l'Etat soit aussi le secrétariat d'Etat aux usagers, M. Eric WOERTH, Secrétaire d'Etat à la réforme de l'Etat a décidé de tenir une permanence pour recevoir les usagers, tous les premiers samedis de chaque mois de 9 heures à 11 heures.
Ainsi, les usagers souhaitant faire connaître la complexité de leurs relations avec l'administration, leurs idées d'amélioration opérationnelles et concrètes, seront accueillis, sur simple présentation d'une pièce d'identité et sans rendez-vous, au Ministère de la réforme de l'Etat, 72 rue de Varenne, Paris 7ème.

Nous avons donc en france un ministre qui a tellement de trucs à faire qu'il s'occupe du standard : on comprend mieux l'appellation de "secrétaire". Cet homme bénéficie comme tous ses petits camarades de tout un paquet d'avantages en nature et cette semaine il a eu 2 RDV: le conseil des sinistres et la grand messe d'avoriaz
Voir son profilNefaste
6 septembre 2004 | lien
Pas pu m'empêcher de lui envoyer un mail à cet idiot de préfet...
Citation:
Monsieur le Préfet,

j'ai pris connaissance des conditions dans lesquelles l'action d'arrachage d'un champ d'OGM près d'Auch, dans le Gers, s'était déroulée. Les manifestants étaient visiblement pacifiques, venus parfois même en famille et vous, monsieur le Préfet, représentant d'un état se voulant celui des droits de l'Homme, vous avez fait tirer des grenades lacrymogènes depuis un hélicoptère...
Outre les dangers encourrus par les manifestants et vos troupes (2 blessés chez les CRS, ce serait risible s'ils ne souffraient pas des conséquences de votre décision) par le tir tendu, c'est le symbole d'une république qui tire sur ses enfants qui m'indigne le plus.
On peut être pour ou contre les OGM, c'est un droit. Malheureusement, les multinationales ne nous laissent pas le choix puisque de multiples études ont déjà démontré que le pollen de ces OGM se dispersait bien au-delà des quelques centaines de mètres de zone tampon exigées par la loi. Des citoyens se mobilisent contre cette privation évidente de la liberté de choix et vous, monsieur le Préfet, vous préférez opposer à leur action une force brutale qui vient tristement nous rappeler les heures noires de notre histoire.
Monsieur le Préfet, j'ai beaucoup de respect pour votre fonction, mais aucun pour celui qui l'occupe.
Vous m'écoeurez par tant de violence gratuite envers des enfants.

Je ne vous salue pas.

Stéphane Magnier, citoyen de la France.

Ca vaut ce que ça vaut mais j'en tremblais en lisant vos CR.
Bug-in, merci pour la gamine. J'aimerai être sûr d'avoir pu trouver le courage d'en faire autant.
Voir son profilBug-in
6 septembre 2004 | lien
Voir son profilBug-in
6 septembre 2004 | lien
aitienne peut tu nous donner un lien, la source, de l'origine de l'article de presse que tu nous as envoyé? j'arrive pas a le trouver (la source, pas l'article)
Voir son profilAitienne
7 septembre 2004 | lien
bug-in a écrit:
aitienne peut tu nous donner un lien, la source, de l'origine de l'article de presse que tu nous as envoyé? j'arrive pas a le trouver (la source, pas l'article)


yahoo actualité, rubrique "france", archives du dimanche 5

le lien actuel est : http://fr.news.yahoo.com/040905/5/41dvc.html

désolé, je manque de rigueur !

Yahoo actualité toujours, la suite :
http://fr.news.yahoo.com/040906/85/41gg7.html rubrique "a la une"

Citation:
Les anti-OGM protestent contre la "répression policière"

PARIS (Reuters) - Des partis de gauche et des défenseurs de l'environnement ont dénoncé lundi la "répression" menée contre les militants anti-OGM, notamment le week-end dernier à Solomiac, dans le Gers.

José Bové et six autres manifestants ont été interpellés dimanche soir par les forces de l'ordre lors d'une manifestation, dispersée sans ménagement par les forces de l'ordre, contre les organismes génétiquement modifiés.

Les manifestants, qui étaient environ 500, s'étaient réunis à l'appel du collectif "Faucheurs d'OGM" pour faucher un champ de maïs transgénique. Plusieurs d'entre eux ont été blessés.

"Les poursuites engagées marquent tout à la fois la démesure répressive dont ce gouvernement a pris l'habitude et l'arbitraire dont il ne cesse de faire preuve", estime la Ligue des droits de l'homme dans un communiqué.

Pour la LDH, "ces plantations ou essais n'ont été précédés d'aucun débat démocratique et ont été imposés, y compris aux agriculteurs voisins".

Elle appelle donc l'institution judiciaire, qui a engagé des poursuites contre de nombreux "faucheurs volontaires", dont l'ancien porte-parole de la Confédération paysanne José Bové et le député Vert Noël Mamère, "à ne pas céder aux désirs du gouvernement".

Le Parti communiste, qui réclame un moratoire sur la culture OGM de plein air, a également "condamné la répression musclée" contre les militants anti-OGM.

"Ces hommes et ces femmes défendent la santé publique en refusant la culture OGM en milieu ouvert. Au fond, ils et elles demandent l'application stricte du principe de précaution", écrit-il.
Du côté des écologistes, Greenpeace a dénoncé la "répression sans précédent menée par les forces de l'ordre" dans le Gers, sans pour autant appeler au fauchage de champs où sont cultivés des OGM.

L'organisation préfère en effet centrer son action sur la publication de listes de produits contenant des OGM afin d'inciter les Français à ne pas en consommer et de "casser le marché".

La Confédération paysanne a également condamné "cette débauche de violence policère totalement disproportionnée".
"Alors que 80% de la population se déclarent contre les OGM, l'Etat n'oppose à leurs inquiétudes que la violence et la répression. Il choisit de protéger les intérêts financiers des entreprises de biotechnologies contre le souhait de la population", déclare-t-elle.





commentaire de l'image :
Citation:
Des blessés cherchent du secours lors d'une manifestation contre les organismes génétiquement modifiés, dispersée sans ménagement par les forces de l'ordre, à Solomiac, dans le Gers. Des partis de gauche et des défenseurs de l'environnement ont dénoncé la "répression" menée contre les militants anti-OGM. /Photo prise le 5 septembre 2004/REUTERS/Georges Bartoli
Voir son profilLivethrobbe
7 septembre 2004 | lien
nefaste a écrit:
Pas pu m'empêcher de lui envoyer un mail à cet idiot de préfet...


Tu penses bien que les instructions visant à réprimer l'action venaient de bien au-delà du niveau du préfet... Encore une fois, les agents Smith de l'Etat cherchent, selon la célèbre formule de Pasqua, à "terroriser les terroristes" que nous sommes à leurs yeux. Je crois que tu peux donc t'adresser directement à de Villepin et Alliot-Marie...
Voir son profilPipo
7 septembre 2004 | lien
De Pascal Pavie/ Viticulteur , Faucheur volontaire - Confédération Paysanne
de l'Aude - 04 68 31 13 11

Pol Veillerot/ Enseignant , Faucheur volontaire - Attac Limoux-Sud
Education 11 - 04 68 31 46 76


A Collectif de Faucheurs volontaires

Suite aux événements lamentables qui se sont déroulés pendant l'action de
fauchage d'Auch le 5/9/04, nous avons récolté un certain nombres d'adresses
et de témoignages de blessés, dont plusieurs ont du être hospitalisés en
divers endroits de la région (notamment aux services d'urgence d'Auch et
Purpan). D'ores et déjà il s'avère que certaines personnes ont été criblées
d'éclats divers : plastique : grenades assourdissantes, mais aussi pour
quelques cas d'éclats métalliques, ce qui sous tendrait l'emploi éventuel
De grenades offensives. Quoi qu'il en soit, nul ne doute que la répression
et l'usage de la force faites par les gardes mobiles de la gendarmerie ont
été disproportionnées. Si la plupart des grands médias n'évoque que " deux
blessés de part et d'autre ", la Dépêche du midi datée du 6/9/04 relève le
chiffre avancé par les pompiers présents sur les lieux et qui ont accueilli
les blessés, à savoir soixante personnes (à rapprocher du nombre de
manifestants avancé : 600, ainsi 10% des manifestants ont été blessés lors
d'une action de fauchage. pacifique). Quant aux deux blessés dans les forces
de l'ordre, ils l'ont été lors de leur première charge par l'usage des
grenades tirées de leurs propres rangs.

Pour notre part, nous certifions avoir constaté de nos yeux l'emploi de l'
hélicoptère de la gendarmerie comme poste de tir de certaines munitions :
des grenades ont bien été tirées de l'appareil, qui survolait la
manifestation à basse altitude. Enfin, nous avons vu des tirs tendus de
projectiles sur des manifestants qui s'enfuyaient.

Pour en revenir aux blessés, si bon nombre d'entre eux ont déjà fait
établir des certificats médicaux lors de leur passage aux urgences (lésions
Diverses : éclats de projectiles, coups de matraque, lésions de l'appareil
auditif, etc.) ces certificats médicaux pourraient être contestés devant les
tribunaux, sauf si les dites lésions ont été constatées par un médecin
légiste.

Nous souhaitons que ces informations soient diffusées et relayées au plus
grand nombre, afin que nul n'ignore plus l'état réel de la démocratie dans
ce pays.

Nous comptons sur vous pour concentrer les divers témoignages relatant ces
évènements, dans le but de décider d'une action en justice contre les
autorités responsables de ces faits.

Douce France. C'est le pays de mon enfance.

La lutte continue !!!!
Voir son profilBug-in
8 septembre 2004 | lien
Quelques images apparament de patrick Mignard (de montpellier si je me trompe pas)





Mon témoignage et celui de jeff se sont propagé partout
http://endehors.org/news/5887.shtml
le miens est aussi sur Hacktivist news service
http://www.hns-info.net/article.php3?id_article=4425

les photos qui se trouve au dessus sont dispo la avec l'article de patrick :
http://endehors.org/news/5888.shtml
Voir son profilAitienne
8 septembre 2004 | lien
fallait il en arriver là pour relancer le débat ? toujours est il que le journal TV d'hier était bien plus nuancé que ce qu'on avait vu initialement avec notamment interview du president du conseil général du gers qui déclarait qu'il allait lancer un référendum local.

interview aussi du maire du bled qui montrait l'arreté municipal refusant les OGM qui avait été "bafoué".

Pour mémoire, le seul arreté municipal qui ait été validé par la prefecture (à ma connaissance) l'a été car la mairie avait argumenté de la possible contamination de cultures bio proches.
Voir son profilJiheff
9 septembre 2004 | lien
Autre témoignage très intérressant sur Indymedia.

Citation:
Un dimanche à la campagne Ce jour là, nous étions entre 600 et 1000 personnes , avec des enfants, des femmes, des personnes âgées et la fleur à la bouche, forts de notre nombre, de la présence de quelques élus, verts surtout, et de José avec sa pipe, et de l'inévitable cohorte de journalistes… Nous pensions neutraliser pacifiquement deux parcelles de maïs transgénique plantées en plein champ, avec les risques que l'on connaît pour l'écosystème. C'était sans compter sur l'énorme déploiement de militaires (2 escadrons de gendarmes mobiles, hélicoptère et véhicules militaires) qui avaient bouclé le champ visé, transformé en camp retranché, avec une double rangée de barrières métalliques…

La tête de cortège arrive à hauteur de la première enceinte, encore loin des parcelles, et fait tranquillement tomber les barrières, et avance vers la seconde enceinte, bras en l'air, appliquant en cela les strictes consignes de non-violence… La gendarmerie recule, sur le point d'être débordée, nous sommes calmes mais très déterminés et l'heure est encore à la fête : nous allons faucher… Sans sommation préalable, et alors que nous ne sommes pas au contact avec les forces de l'ordre et encore loin du champ, les premières grenades tombent, lacrymogènes d'abord, puis d'un autre type, qui explosent très bruyamment. Les tirs sont nourris, tout le monde court en zig-zag pour éviter gaz et explosions, l'hélicoptère tourne au-dessus de nos rangs, nous bombardant aussi de projectiles lacrymogène et autres… l'armée tire sur le peuple, le champ de soja dans lequel nous nous trouvons est noyé sous les gaz, la fête tourne au cauchemar. Dans la pagaille, Bové et quelques autres sont saisis brutalement par les forces de l'ordre et emmenés dans le camp retranché… Les tirs enfin calmés, nous revenons nous masser contre les barrières encore debout, cette fois férocement gardées à la matraque par nos militaires… et demandons la libération de nos camarades faucheurs…il est 17h, nous attendons, non sans parfois tenter de passer cette barrière, mais c'est impossible sous les coups de matraque qui pleuvent… Tout devient si calme que l'on a l'impression qu'il ne va plus rien se passer sauf…que vers 19H 30, une seconde salve de tirs sans sommation, dans la foule et presque à bout portant, achève de nous disperser… certains, dont quelques élus, s'asseyent devant les gendarmes… d'autres courent en tout sens, ça hurle, tombe, il y a des blessés, beaucoup, des grenades, et pas seulement des lacrymos, éclatent au milieu des gens, des femmes, des enfants…

Nous avons récolté un certain nombres d'adresses et de témoignages de blessés, dont plusieurs ont du être hospitalisés en divers endroits de la région (notamment aux services d'urgence d'Auch et Purpan). D'ores et déjà il s'avère que certaines personnes ont été criblées d'éclats divers : plastique : grenades assourdissantes, mais aussi pour quelques cas d'éclats métalliques, ce qui sous tendrait l'emploi éventuel de grenades offensives… Quoi qu'il en soit, nul ne doute que la répression et l'usage de la force faites par la gendarmerie mobile ont été disproportionnées… Si la plupart des grands médias n'évoque que « deux blessés de part et d'autre », la Dépêche du midi datée du 6/9/04 relève le chiffre fourni par les pompiers présents sur les lieux et qui ont accueilli les blessés, à savoir soixante personnes (à rapprocher du nombre de manifestants avancé : 600, ainsi 10% des manifestants ont été blessés lors d'une action de fauchage… pacifique). Quant aux deux blessés dans les forces de l'ordre, ils l'ont été lors de leur première charge par l'usage des grenades tirées de leurs propres rangs… Pour notre part, nous certifions avoir constaté de nos yeux l'emploi de l'hélicoptère de la gendarmerie comme poste de tir de certaines munitions : des grenades ont bien été tirées de l'appareil, qui survolait la manifestation à basse altitude. Enfin, nous avons vu des tirs tendus de projectiles sur des manifestants qui s'enfuyaient. Pour en revenir aux blessés, si bon nombre d'entre eux ont déjà fait établir des certificats médicaux lors de leur passage aux urgences (lésions diverses : éclats de projectiles divers, dont billes d'acier, coups de matraque, lésions de l'appareil auditif, brûlures, etc…), il reste à faire établir des certificats médicaux par un médecin légiste pour envisager une action devant les tribunaux. Nous souhaitons que ces informations soient diffusées et relayées au plus grand nombre, afin que nul n'ignore plus l'état réel de la démocratie dans ce pays : le préfet du Gers avait averti la veille les services de l'Hôpital d'Auch de l'arrivée possible le dimanche d'un grand nombre de blessés… Pol Veillerot, enseignant, Attac-Limoux/Sud-Education, faucheur volontaire Pascal Pavie, viticulteur, Confédération Paysanne, faucheur volontaire
Voir son profilPipo
10 septembre 2004 | lien
Trouvé cette belle lettre sur une liste Toulousaine :
----

Auch le : 8 septembre 2004



Monsieur le préfet ;



Ce fut un drôle de dimanche à la campagne !

Nous partîmes joyeux mais allons chut, il ne faut pas le dire aux enfants.

Depuis, beaucoup ont lu les journaux, regardé la télévision. Ils n'étaient pas là et ont entendu qu'il s'était passé quelque chose dans le Gers. Dans le Gers ? Là où le bonheur est dans le près ? Alors ils ont cherché les images, ils ont cherché les sons de ce dimanche à la campagne.

Moi, j'y étais, tout simplement.

Tout simplement, je ne suis pas anarchiste, je ne suis pas écologiste, je ne suis pas syndiqué, je ne suis pas militant politique, je ne suis pas paysan... mais qu'est-ce que je fichais là ! Je crois que je suis tout cela à la fois et que j'ai obéi à moi-même, à ce que je crois être de ma responsabilité, de mon devoir et ce, même si je n'ai aucune carte ou pancarte.

...

Il ne faut pas le dire aux enfants.

...

Non ce n'était pas la guerre à ce dimanche à la campagne.

Oui, nous aurions pu avoir plus de blessés graves.

Mais la violence que nous avons subie ne nous incombe pas.

C'est l'Etat, par vous-même monsieur le préfet, qui a choisi d'employer des méthodes de combat, des chiens sans muselière (j'en témoignerais devant tous les tribunaux qu'il faudra), des projectiles divers comme des bombes lacrymogènes de plusieurs sortes (aveuglantes, urticantes...), des balles en caoutchouc, des bombes « soufflantes », un hélicoptère qui lançait aussi des bombes et ceci face à des pacifistes par définition totalement désarmés et notamment des femmes et des enfants.

Oui, oui nous revendiquons que les femmes et les enfants étaient devant.

Et alors?

Aurait-il fallu mettre devant des hommes de plus de 100 kg et de 1m80? C'est sûr que ceux en face de nous qui souhaitent la violence ci seraient mieux retrouvés. C'est sûr que ceux-là auraient été plus à l'aise pour laisser éclater leur propre violence.

Ceci dit, ils ne se sont pas trop retenus non plus!

Ils ont effectivement frappé violemment ces mêmes femmes et enfants. Beaucoup de personnes, journalistes ou pas, des images vidéo ou des photos, témoigneraient aussi de tirs tendus qui visaient directement des personnes ce qui est illégal et vous le savez.

Que ceux-là mêmes ne viennent pas dire maintenant, parce qu'ils découvrent 70 blessés sans vouloir encore les voir, qu'ils ont faits du maintien de l'ordre car la disproportion est trop forte. C'est comme si, parce que quelqu'un vous avait grillé la priorité en voiture monsieur le préfet, vous aviez envoyé contre lui un char qui aurait pulvérisé son véhicule.

Que ceux-là mêmes ne viennent pas dire maintenant qu'il n'y a eu que deux blessés légers parmi nous et dix gendarmes. Comment respecter l'Etat s'il n'est même pas capable d'assumer les conséquences de ses actes ? Il suffit tout simplement aux journalistes présents sur place de dire ce que eux ont vu sur le terrain. Ce que eux ont vu dans les ambulances des pompiers. Il suffit tout simplement de publier les certificats médicaux faits aux urgences d'Auch, Purpan et ailleurs ! Moi-même, j'ai amené à l'hôpital deux personnes. Une a un tympan crevé et une incapacité de 21 jours et l'autre, ma compagne, une surdité et une incapacité de 6 jours. Sur place nous avons rencontré un monsieur qui venait d'avoir la jambe cassée et plâtrée. Il était déjà plus de minuit et beaucoup étaient passés dans l'après-midi. Le médecin nous a même dit qu'ils avaient été avertis par la gendarmerie dès le matin qu'il y aurait du monde dirigé vers l'hôpital. Allons monsieur le préfet, un peu de courage, assumez les chiffres !

J'ai toujours cru que la riposte devait être proportionnelle à l'attaque. Je crois même qu'il s'agit d'un point de droit. L'Etat a donc agi hors de la morale pour avoir frappé sans considération des personnes sans défense et hors la loi par certains moyens utilisés. Et tout cela pour des intérêts privés de firmes multinationales, avec notre argent. A ce sujet, pourriez-vous monsieur le préfet avoir aussi le courage de publier la facture de ce dimanche à la campagne offert aux multinationales. Je suis moi-même propriétaire d'un bois qui est régulièrement vandalisé chaque année par des chercheurs... de champignons. Je vous demanderai bientôt de venir protéger mon bois avec les mêmes moyens.

A moins que...

A moins que la violence de ce jour-là soit aussi dans une certaine logique. Celle de nous entraîner sur un terrain perdu d'avance pour nous c'est à dire de devenir de moins en moins pacifiste et de plus en plus préparés à riposter.

......

Faut-il le dire à nos enfants?

......

C'est vrai qu'après un dimanche à la campagne comme celui-là, en fin d'après midi, lorsque tu as vomi plusieurs fois et qu'il n'y a plus que de la bille qui remonte. Lorsque ta peau s'est enflammée de toute part, lorsque tes yeux sont au plus rouge, lorsque tu te fais insulter par les gendarmes qui attendent que tu répliques, je n'avais jamais vu cela avant, lorsque tu vois tes amis et ta compagne blessés qui disparaissent dans un fourgon de pompiers (qui ont été interdits d'approcher semble t-il car se sont les blessés qui devaient les rejoindre), lorsque tu vois des enfants ou des adultes pleurer... après tout cela, tu as envie de bouffer du flic. Tu as envie d'en prendre un pour toi tout seul et de te le faire avec sadisme. Certains d'entre eux étaient des enfants de 18 ans... ridicules dans leurs habits idéologiquement trop grands pour eux! Ridicules et perdus dans un champ...

Mais il ne faut pas aller dans cette voie.

J'ai 40 ans et j'en ai passé 20 à contrôler ma propre violence alors ce n'est pas vous monsieur le préfet qui allez aujourd'hui me faire craquer. Je ne boufferais pas du flic même si je n'accepte pas l'excuse que j'ai entendu sur le site de la part d'un gendarme qui disait qu'il n'avait pas eu le choix de faire ce métier... Je ne veux plus entendre cela depuis longtemps car on a toujours le choix, voire même plusieurs choix. Je n'accepte pas que l'on vienne me dire que l'on tape sur les autres à la place du chômage. Là aussi, il y a d'autres alternatives, on n'est pas toujours obligé de choisir entre le blanc ou le noir, le salop ou le héros...

Ce n'était qu'un après-midi à la campagne et il y en aura d'autres. Beaucoup d'entre nous ne sont pas des habitués de la guérilla et ne veulent surtout pas le devenir.

Ces mêmes personnes continueront à venir à mains nues et avec leurs enfants. Il est possible même qu'il y en ait plus car vous savez comment ça se passe lorsqu'on estime avoir été injustement violenté, les mouvements se renforcent. Ce dimanche là, tout le monde n'était pas devant, dans le tumulte et la fureur de certains hommes. Je connais beaucoup de personnes qui s'étaient déplacées ou avaient déplacées leurs enfants pour un cours d'éducation civique à distance et ils ont vu par eux-mêmes, ils ont pensé d'eux-mêmes.

Chacun à une place à prendre. Entre regarder le spectacle à la télé et prendre des coups, nous aussi nous avons de multiples choix, de multiples places à occuper... Etre là pour témoigner c'est important.

Etre là pour juger par soi-même.

Je voulais vous laisser ces quelques mots, vous en ferez ce que vous voudrez.

.....

Et nos enfants...

.....

Pour ma compagne, il est possible que la blessure ne soit pas grave et qu'elle devienne souvenir. Oui, c'est possible.

Mais dites vous bien qu'elle n'était pas venue sur le champ pour faire sa maligne, ni pour la pose télé, ni pour une médaille. Elle était consciente du danger mais elle n'est pas venue non plus pour prendre une grenade dans le dos alors qu'elle secourait une autre femme blessée et à terre.

Ma compagne a injustement été agressée alors qu'elle venait occuper SA place de citoyenne et faucher UN épi de maïs, un simple épi de maïs, une fleur en fait...

Il y a des fleurs qui font mal... individuellement et collectivement.

Les OGM restent pour moi une saloperie et c'est pour cela qu'il faut obliger à ce qu'il n'y ait pas d'expérimentations en pleins champs mais en serres sécurisées.

Que l'on ne vienne pas me dire que nous sommes contre la science ou alors je demande que le monsieur "la science" qui a inventé l'amiante vienne aujourd'hui se justifier devant les morts ; que le monsieur AZF aussi ; que le monsieur qui a dit qu'on pouvait moins chauffer les poches de sang offertes par des donneurs et revendues ensuite... toujours des morts ; que le monsieur qui a dit que les poules ne risquaient rien avec la dioxine ; que les vaches pouvaient manger de la viande ainsi que les poissons et les poules encore ; que les fraises peuvent être élevées avec des biberons de fertilisants... stop, la tête me tourne! Où sont-ils aujourd'hui ces "messieurs la science"?...

Si, encore une chose monsieur le préfet, le 16 septembre dans le Gers, alors que le Conseil Général a subventionné à coup de millions d'euros la filière Bio, des producteurs Bio vont eux-mêmes... faucher leur propre récolte et vous ne serez certainement pas là. Pourquoi vont-ils faire cette folie? Pour la télé? Non pas. Par solidarité avec nous? Même pas. Tout simplement parce qu'ils étaient voisins de producteurs d'OGM que vous avez défendu et que leur culture est classée de ce fait impropre à la consommation et invendable!!! Un comble! Ceux qui produisent propre grâce à nos subventions vont devoir arracher leur culture pour des semenciers multimillionnaires qui produisent pollué!!! Au secours ! Le monde est fou !

Il sera où le "monsieur la science" dans 5 ou 10 ou 20 ans quand on comptera les premiers morts? Où serez vous vous-même ? Qui viendra soutenir nos enfants qui devront nettoyer de la planète nos propres saloperies et notre lâcheté? Y arriveront-ils?

Qu'est-ce qu'on va leur raconter à nos enfants pour nous justifier?

On a toujours le choix. On ne doit pas se faire enfermer entre oui pour les OGM ou sinon nous revenons au moyen-âge. Il faut en finir avec les savants fous et maîtriser le développement hors de la pression économique libérale.

Allez. Rêvons un peu tous les deux. Et si je me trompais ? Et si après 20 ans de culture sous serres sécurisées, on s'apercevait que les OGM c'étaient très bien ?

Alors j'en mangerais 10 fois par jour mais je ne ferais pas mon mea culpa pour autant car je resterais fier d'avoir fait parti de ceux qui ont obligé à prendre toutes les précautions nécessaires pour en arriver là. Et vous ?

Mais le rêve se termine déjà puisque pour moi, à ce jour, c'est tout l'inverse qui est en marche.



Monsieur le préfet, je ne vous connais pas et je n'y tiens pas non plus. Je me moque de savoir que vous avez comme d'autres avant vous, échoué pour sécuriser la Corse et que vous soyez militaire ou ancien militaire. Mais dîtes-moi monsieur le préfet, comment vous apprend t-on à l'école de préfet à rentrer chez vous tranquillement après une journée pareille ? Comment vous apprend t-on à regarder votre enfant ou petit enfant dans les yeux et lui dire tranquillement « tu sais, aujourd'hui j'ai été matraquer des enfants comme toi et aussi des femmes et aussi des personnes âgées et aussi des hommes » ; « Tu sais, c'est de leur faute aussi car ils faisaient des bêtises ». « Mais non, ne pleures pas, je ne te matraquerai pas si tu fais une bêtise... ». Quel livre monsieur le préfet vous conseille t-on de lire pour vous endormir ? Dîtes-moi, monsieur le préfet, lorsque vous fermez les yeux, vous entendez toujours les cris ? Dîtes-moi, monsieur le préfet, alors qu'aujourd'hui vous pérorez dans les journaux, qu'auriez vous dit à votre enfant si un autre enfant était mort ce jour-là ? « Tu sais, c'est de sa faute aussi car il coupait des fleurs ». « Arrêtes de pleurer, oui tu peux allé jouer dans le jardin mais ne touches pas aux fleurs... ».



Je crois qu'on peut maintenant le dire aux enfants...



Thierry AUTEFAGE
Voir son profilKristo
10 septembre 2004 | lien
C'est complètement fou...

Quelquefois on a honte d'etre francais...

il est loin le "pays des droits de l'homme"...

J'espère que les faucheurs porteront plainte rapidement et en masse !
Voir son profilJiheff
11 septembre 2004 | lien
Quelques photos circulent sur le net :




















Celle là c'est ma préférée.

Une amie aurait eu le temps de prendre des photos lors "du premier bombardement" de l'hélicoptère. Je les poste dès qu'elles sont dévellopées.
Voir son profilBug-in
15 septembre 2004 | lien  [X]
quelques petites vidéo grâce a isabelika :
http://perso.wanadoo.fr/isabelika/

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